La CEDEAO adopte une feuille de route pour l’identification du cheptel régional
Détails avec Is’haq Ahmed, Abuja
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a clôturé les travaux de la 8ᵉ réunion du Comité vétérinaire régional, consacrée à une question stratégique pour le secteur de l’élevage.
Cette rencontre régionale a réuni environ 60 participants issus des services vétérinaires des États membres de la CEDEAO, ainsi que des représentants d’institutions régionales, d’organisations internationales, de partenaires techniques et financiers, et des experts du secteur de l’élevage.

Les échanges ont principalement porté sur la nécessité de «renforcer les systèmes d’identification et de traçabilité du bétail, considérés comme des outils essentiels pour améliorer la sécurité sanitaire animale, lutter contre le vol de bétail, gérer les mouvements pastoraux, prévenir les conflits, faciliter les échanges commerciaux et soutenir le développement durable de l’élevage en Afrique de l’Ouest et au Sahel».
Des experts, directeurs nationaux des services vétérinaires, présidents d’associations vétérinaires nationales, ainsi que des partenaires techniques et financiers, ont partagé leurs expériences, passé en revue les initiatives en cours et examiné des solutions innovantes, notamment numériques.

Les discussions ont mis en lumière plusieurs obstacles freinant l’extension des projets pilotes et la durabilité des systèmes d’identification et de traçabilité du bétail en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
Parmi ces contraintes figurent notamment : la faible couverture numérique dans les zones rurales, les difficultés liées à la collecte et à la fiabilité des données, une situation sécuritaire parfois instable, l’insuffisance des ressources, la faible appropriation par les acteurs concernés et les difficultés d’harmonisation régionale.
À l’issue de la réunion, les participants «ont convenu d’adopter une approche régionale coordonnée, pilotée par la CEDEAO, tout en formulant des recommandations visant à renforcer les cadres réglementaires et institutionnels, promouvoir des systèmes harmonisés d’identification du bétail, utiliser les technologies numériques et développer des initiatives transfrontalières».
Une feuille de route régionale a également été adoptée afin d’accompagner les États membres dans la mise en œuvre de ces systèmes.
Lors de la cérémonie d’ouverture, plusieurs responsables, dont le Directeur exécutif par intérim du Centre régional de santé animale, Dr Eugène Koffi, ainsi que le Directeur de cabinet du ministre togolais de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire, M. Konlani Dindiogue, ont souligné «les défis persistants auxquels est confronté le secteur de l’élevage, notamment les maladies animales, l’insécurité, les effets du changement climatique, les conflits liés à l’accès aux ressources naturelles et les contraintes du marché».
Face à ces défis, les experts ont insisté sur «l’importance de l’identification et de la traçabilité du bétail comme outils indispensables pour lutter contre ces problèmes, améliorer la surveillance sanitaire et accroître la productivité».
Ils ont également plaidé pour la modernisation des systèmes actuels à travers des solutions innovantes, notamment des dispositifs électroniques et des bases de données numériques.
Au cours de la rencontre, «la CEDEAO réaffirme son engagement à promouvoir un élevage moderne, résilient et intégré, contribuant durablement à la sécurité alimentaire, à la stabilité et à la prospérité des populations ouest-africaines».
La CEDEAO met en œuvre plusieurs programmes stratégiques visant à renforcer la cohésion régionale et à éliminer progressivement les obstacles à une intégration complète. L’objectif est de permettre aux quelque 300 millions de citoyens de la communauté de s’approprier la nouvelle vision consistant à passer d’une CEDEAO des États à une «CEDEAO des peuples : paix et prospérité pour tous» à l’horizon 2050.