Économie bleue : le Nigeria mise sur Deep Blue et la production halieutique locale

Détails avec Ene Okwanihe, Abuja

Le Nigeria s’apprête à consolider son dispositif de sécurité maritime, avec des projets d’extension de l’Infrastructure intégrée nationale de sécurité et de protection des voies navigables, plus connue sous le nom de Projet Deep Blue, tout en accélérant la production locale de poisson afin de réduire les importations.

Le ministre de l’Économie maritime et bleue, Dr Adegboyega Oyetola, l’a annoncé lors d’une rencontre avec la direction du Nigerian Economic Summit Group (NESG) à Abuja, la capitale fédérale.

Selon le ministre, une proposition a déjà été soumise au gouvernement fédéral pour moderniser le projet Deep Blue, dans le but de renforcer davantage l’architecture sécuritaire maritime du pays.

Il a qualifié cette initiative de véritable tournant stratégique, soulignant que le Nigeria n’a enregistré aucun incident de piraterie dans ses eaux depuis plus de quatre ans, grâce à la mise en œuvre du projet Deep Blue, salué à l’échelle internationale.

«Le projet, qui intègre des moyens aériens, terrestres et maritimes ainsi que des systèmes de surveillance avancés, a considérablement amélioré la connaissance du domaine maritime et les capacités de réponse, rétablissant la confiance des compagnies maritimes internationales et des investisseurs», a déclaré le ministre.

Retombées économiques et sociales

Dr Oyetola a indiqué que l’amélioration de la sécurité maritime a eu des retombées économiques et sociales majeures, non seulement pour le Nigeria, mais aussi pour l’ensemble du golfe de Guinée, autrefois considéré comme l’un des corridors maritimes les plus dangereux au monde.

«Des eaux plus sûres ont entraîné une hausse du trafic maritime, une baisse des primes d’assurance, une intensification des activités portuaires et une augmentation des échanges commerciaux régionaux», a-t-il affirmé.

Il a ajouté que l’extension prévue du projet permettra de consolider ces acquis et de positionner le Nigeria comme un leader de la sécurité maritime en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, tout en soutenant une croissance économique plus large liée à l’économie bleue.

Pêche et aquaculture en priorité

Concernant la pêche et l’aquaculture, le ministre a indiqué que son département considère désormais ce secteur comme un moteur essentiel de la sécurité alimentaire, de la création d’emplois et des recettes d’exportation.

Il a révélé que des efforts sont en cours pour réactiver les terminaux de pêche à travers le pays et soutenir les pisciculteurs artisanaux.

«Il n’est plus acceptable que le Nigeria continue de dépenser d’importantes réserves de devises pour importer du poisson», a-t-il martelé, précisant que le gouvernement est déterminé à mettre fin à ces importations.

Dans une avancée majeure pour le secteur, Dr Oyetola a également annoncé que les États-Unis ont approuvé le dispositif nigérian d’exclusion des tortues marines (Turtle Excluder Device), une certification qui permettra aux crevettes nigérianes d’accéder aux marchés américain et européen.

Le ministre a assuré le NESG de la volonté de son ministère de collaborer avec le secteur privé afin de stimuler les réformes et les investissements dans les secteurs maritime et de l’économie bleue.

Le NESG salue les réformes

Plus tôt, le directeur général du NESG, Dr Tayo Aduloju, a salué l’élaboration d’une politique nationale solide sur l’économie maritime et bleue, la qualifiant de cadre stratégique essentiel pour libérer le vaste potentiel du secteur.

Selon lui, cette politique offre une feuille de route structurée pour l’exploitation durable des ressources marines, l’amélioration de la gouvernance, la protection de l’environnement et une participation accrue du secteur privé.

Il a estimé que la mise en œuvre efficace de cette politique stimulera la croissance du PIB, favorisera l’emploi, renforcera la sécurité alimentaire et positionnera le Nigeria comme un acteur compétitif de l’économie bleue mondiale.

Aduloju a également souligné que l’économie maritime et bleue occupe une place centrale dans l’agenda du gouvernement fédéral en matière de création d’emplois et de réduction de la pauvreté.

Il a enfin salué le président Bola Tinubu pour la création du ministère et pour les réformes économiques engagées depuis son arrivée au pouvoir en mai 2023.

La réunion a réuni la secrétaire permanente du ministère, Mme Fatima Mahmood, plusieurs directeurs ainsi que le conseiller spécial principal du président pour l’Économie maritime et bleue, le professeur Busayo Fakinlede, entre autres responsables.

Fondé en 1996, le NESG est le principal groupe de réflexion dirigé par le secteur privé au Nigeria. Il sert de plateforme de dialogue public-privé visant à promouvoir une économie compétitive, inclusive et durable.

 

 

 

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