Protection des droits humains : le Nigeria réitère sa détermination face aux défis sécuritaires

Details avec Timothy Choji, Abuja

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Le vice-président du Nigeria, Kashim Shettima, a réaffirmé l’engagement du pays à promouvoir et à protéger les droits humains, notamment à travers des garanties constitutionnelles et leur intégration dans les opérations de sécurité.

Il s’exprimait jeudi à Abuja lors de l’ouverture du Dialogue international de haut niveau 2026 sur le droit international humanitaire, placé sous le thème «Complémentarité : seuil et résultats».

Le vice-président a indiqué que le Nigeria demeure pleinement engagé en faveur de la coopération internationale et de l’application universelle du droit international humanitaire (DIH) dans tous les contextes de conflit.

Il a souligné que l’administration du président Bola Ahmed Tinubu a adopté une approche globale pour lutter contre l’insécurité et gérer les conflits, combinant des mesures à la fois coercitives et non coercitives.

«Je tiens à souligner la détermination inébranlable du Nigeria à promouvoir et à protéger les droits humains, tout en assurant la mise en œuvre effective des traités du droit international humanitaire. Son Excellence, le président Bola Ahmed Tinubu, GCFR, reconnaît que l’insécurité demeure la plus grande menace pour la paix et le développement», a-t-il déclaré.

«En conséquence, notre gouvernement accorde la plus haute priorité à une réponse globale combinant des mesures à la fois coercitives et non coercitives pour faire face aux conflits», a-t-il ajouté, précisant que l’administration continue d’adapter les cadres juridiques nationaux aux réalités émergentes.

Dans cette dynamique, le vice-président a rappelé que le président Tinubu a récemment promulgué la domestication de la Convention de Kampala de l’Union africaine, établissant «un cadre juridique solide et adapté au contexte pour la protection et l’assistance des personnes déplacées internes au Nigeria».

Le vice-président a observé que ce dialogue intervient à un moment charnière où «notre humanité commune est mise à rude épreuve et où les lois censées garantir l’ordre sont trop souvent traitées comme des contraintes superflues».

Il a noté que ces défis n’épargnent pas le Nigeria, qui continue de «faire face à une insurrection persistante, au terrorisme et à d’autres formes de conflits violents».

«Au-delà du coût immédiat de ces hostilités, nous devons également gérer les pressions profondes et durables qu’elles exercent sur nos communautés et nos institutions. C’est précisément en raison de ces expériences que le Nigeria demeure résolu à défendre ce mouvement mondial», a-t-il ajouté.

Le vice-président a également souligné que ce dialogue, «convoqué dans le cadre d’efforts délibérés visant à renforcer les principes durables qui régissent la conduite des conflits armés, notamment l’impératif de limiter les dommages dans les guerres contemporaines », constitue aussi un moment de réflexion et de retour aux fondements moraux du droit international humanitaire.

Selon lui, le DIH existe pour garantir des protections essentielles à la vie humaine dans ses moments les plus vulnérables.

Il a détaillé une approche fondée sur trois piliers non négociables : «la protection des populations civiles, le traitement humain de toutes les personnes affectées par les conflits et la préservation de la dignité humaine, même dans les circonstances les plus difficiles».

Le vice-président a indiqué que le Nigeria a adopté une approche proactive dans la mise en œuvre du DIH «à travers une formation militaire continue, le renforcement des protocoles de protection de l’enfance, l’intégration du DIH dans les programmes académiques, des mécanismes de redevabilité pour les violences sexuelles, l’amélioration des systèmes de contrôle des armes et des cadres globaux pour la gestion des déplacements».

«Ces efforts reflètent une vérité simple mais puissante : le droit humanitaire doit être vécu et non simplement légiféré. Au cœur de cet agenda national se trouve notre reconnaissance que des progrès significatifs reposent sur des partenariats solides entre le gouvernement, la société civile et les acteurs internationaux, afin de traduire les principes du DIH en actions concrètes», a-t-il expliqué.

Il a salué les contributions des partenaires internationaux, notamment les United Nations, le International Committee of the Red Cross, ainsi que le Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale, pour leur «collaboration continue et leur appui technique dans la mise en œuvre du droit international humanitaire».

Plus tôt, le procureur général de la Fédération et ministre de la Justice, Lateef Fagbemi, a mis en avant les efforts du gouvernement pour intégrer les traités humanitaires dans le droit national et moderniser le système judiciaire.

Il a précisé que de nouvelles lois et des investissements dans les établissements pénitentiaires visent à garantir un traitement humain, la réhabilitation des détenus et le respect des normes internationales en matière de droits humains.

Selon lui, le Nigeria renforce également les capacités de ses forces armées et des services de sécurité en intégrant les principes du DIH dans leur formation et leurs opérations, tout en traduisant ces lois dans les langues locales afin d’en assurer l’accessibilité dans les zones touchées par les conflits.

Dans son allocution de bienvenue, la solliciteure générale de la Fédération et secrétaire permanente au ministère de la Justice, Beatrice Jeddy-Agba, a indiqué que ce dialogue offre au pouvoir judiciaire l’occasion de consolider son engagement en faveur de l’État de droit dans l’architecture sécuritaire nationale.

Elle a insisté sur le fait que le Nigeria continuera de respecter les Conventions de Genève relatives aux conflits armés.

«Nous sommes aujourd’hui rappelés à l’importance de notre mission en tant que point de contrôle essentiel pour l’intégration de l’État de droit dans notre architecture de sécurité nationale. L’importance du droit international humanitaire n’a jamais été aussi cruciale, alors que nous constatons un mépris croissant pour la protection des civils dans les conflits contemporains à l’échelle mondiale.

«Le Nigeria reconnaît qu’à mesure que la dynamique des conflits évolue, en particulier dans des environnements asymétriques, notre volonté politique doit être le moteur garantissant le respect des règles, depuis les tables de négociation à Genève jusqu’à nos propres lignes de front», a-t-elle déclaré.

La rencontre a réuni plusieurs organisations internationales majeures, dont les Nations unies et le Comité international de la Croix-Rouge, entre autres.

 

 

 

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