Lusaka freine un partenariat sanitaire majeur avec Washington
Lusaka invoque la défense de la souveraineté nationale face à des clauses controversées liées aux données sanitaires et au secteur minier.
La Zambie a décidé de suspendre un projet d’accord bilatéral de santé conclu avec les États-Unis, estimant que certaines clauses du texte ne servaient pas les intérêts nationaux.
D’une valeur supérieure à un milliard de dollars sur cinq ans, l’accord devait appuyer les efforts de lutte contre le VIH/SIDA et le paludisme, consolider les programmes de santé maternelle et infantile et améliorer les capacités de réponse face aux épidémies. Le dispositif prévoyait également une contribution financière de 340 millions de dollars de la part de Lusaka.
Cependant, plusieurs dispositions ont suscité la controverse. Le financement était notamment lié à un engagement bilatéral intégrant une coopération dans le secteur minier ainsi qu’un partage de données sur les agents pathogènes pour une durée de dix ans. Ces conditions ont soulevé des préoccupations quant au respect de la souveraineté nationale et à l’utilisation potentielle des informations sensibles collectées.
Des organisations non gouvernementales, tant locales qu’internationales, ont dénoncé ces clauses, estimant qu’elles privilégiaient les intérêts d’entreprises minières au détriment des priorités sanitaires essentielles pour la population zambienne.
La Zambie n’est pas un cas isolé sur le continent. Le Zimbabwe a récemment interrompu un accord similaire évalué à 367 millions de dollars. De son côté, le Kenya a vu l’application d’un protocole d’accord (Memorandum of Understanding) suspendue par la justice, invoquant des préoccupations liées à la protection des données.
Pour le président Hakainde Hichilema, cette décision traduit la volonté du gouvernement de renforcer l’autonomie du pays et de réduire sa dépendance à l’aide extérieure. Elle intervient dans un contexte où Washington tend à conditionner davantage son soutien financier à des objectifs stratégiques et économiques élargis.