Une nouvelle politique industrielle pour stimuler production, emplois et exportations

Une stratégie ambitieuse pour relancer la production nationale, renforcer la compétitivité et créer massivement des emplois grâce à une industrialisation axée sur la mise en œuvre et le partenariat public-privé.

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Le président Bola Tinubu a présenté la Feuille de route de la Politique industrielle du Nigeria 2025, appelant les ministères, départements et agences concernés à en assurer la mise en œuvre rapide. Il a décrit cette politique comme un plan stratégique destiné à réorganiser la base industrielle du pays, à créer de la valeur dans tous les secteurs et à placer la production, la compétitivité et la création d’emplois au centre de la stratégie économique nationale.

S’exprimant lors du lancement officiel au Centre international de conférence Bola Tinubu à Abuja, le président — représenté par le vice-président Kashim Shettima — a reconnu que le Nigeria a longtemps souffert de « chaînes de valeur fragmentées, de coûts de production élevés, de déficits d’infrastructures, d’incohérences politiques et d’une coordination insuffisante entre le gouvernement et l’industrie ». Il a toutefois affirmé avec fermeté que « cela s’arrête maintenant », soulignant que la Politique industrielle 2025 prend en compte et corrige ces faiblesses.

« Nous avons compris que l’industrialisation n’est pas un simple souhait, mais une action concrète. Cette tâche exige une cohérence entre l’énergie, le commerce, les infrastructures, le financement, les compétences et l’innovation. Elle nécessite également un véritable partenariat entre le gouvernement et le secteur privé », a-t-il déclaré.

Le président Tinubu a insisté sur l’urgence de l’application effective de la politique, rappelant que son administration, arrivée au pouvoir en 2023, s’était engagée à redéfinir l’ambition industrielle du pays. « La force déterminante de cette politique réside dans son exigence de mise en œuvre. Nous ne mesurerons pas notre succès au nombre de documents produits, mais au nombre d’usines qui ouvrent leurs portes à l’aube, aux emplois créés pour nos jeunes, aux exportations quittant nos ports sous le sceau de l’excellence nigériane et à la valeur ajoutée retenue dans notre économie », a-t-il affirmé.


                           Points clés de la politique

Présentant les composantes essentielles du plan, le président a expliqué que la politique privilégie des secteurs stratégiques fondés sur les avantages comparatifs et concurrentiels du Nigeria. Elle vise à développer les chaînes de valeur afin de faire évoluer progressivement le pays d’un exportateur de matières premières vers un producteur de biens finis.

Elle prévoit également l’intégration des micro, petites et moyennes entreprises au cœur de la croissance industrielle, estimant que la prospérité ne doit pas être exclusive. Le texte aligne en outre les infrastructures et l’énergie sur les ambitions industrielles, rappelant que « les usines ne fonctionnent pas uniquement grâce aux politiques ». Il met aussi l’accent sur le renforcement des compétences, de la technologie et de l’innovation pour préparer la main-d’œuvre aux industries d’aujourd’hui et de demain.

Appelant à une participation accrue du secteur privé, le président a invité les investisseurs à s’engager avec confiance et responsabilité, à approfondir les chaînes de valeur locales, à créer des emplois, à transférer des compétences et à collaborer avec l’État pour bâtir une économie productive.

Il a salué le leadership du ministre d’État à l’Industrie, John Enoh, pour sa rigueur et sa clarté dans la conduite du processus, soulignant que le leadership politique repose sur « la substance, la coordination et le suivi ». Le chef de l’État a également félicité les équipes techniques du ministère, les acteurs industriels, les fabricants, les investisseurs et les praticiens pour avoir élaboré une politique « ancrée dans la réalité et nourrie par l’expérience ».


Réactions et confiance des partenaires

Plus tôt, le ministre John Enoh a déclaré que cette initiative marque un tournant décisif dans la construction d’un Nigeria industriel capable de produire, de concurrencer et de prospérer.

Le magnat nigérian des affaires, Aliko Dangote, a remercié le gouvernement fédéral pour l’adoption de ce qu’il a qualifié de politique industrielle progressiste. Il a souligné que le Nigeria est le seul pays d’Afrique où le secteur privé est plus important que l’État. Il a ajouté que les fabricants locaux accueillent favorablement la réforme et s’est montré confiant quant à l’évolution du naira, estimant qu’il pourrait atteindre 1 000 nairas pour 100 dollars cette année.

Dangote a également indiqué que de nombreux investisseurs sont prêts à investir au Nigeria grâce à la stabilité du marché des changes et aux réformes engagées. Il a toutefois insisté sur la nécessité de protéger les industries locales : « Sans protection, aucune industrie ne peut prospérer ici. »

De son côté, le Coordonnateur résident et humanitaire des Nations Unies au Nigeria, Mohamed Malick Fall, a salué le lancement officiel de la politique, estimant qu’il s’agit d’une étape décisive vers un avenir où l’espoir se traduit en actions concrètes favorisant une croissance économique inclusive. Il a précisé que cette politique est le fruit d’une collaboration soutenue entre l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel et le Nigeria, visant à faire du pays un pôle de prospérité et un acteur clé des chaînes de valeur régionales et mondiales.

Enfin, le président de la Manufacturers Association of Nigeria (MAN), Francis Meshioye, a salué l’initiative et assuré que les industriels sont déterminés à en garantir la mise en œuvre efficace. Il a soutenu la promotion de l’entrepreneuriat local intégrée dans la politique et promis l’appui total de son organisation pour assurer son succès.

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