Le Nigeria mise sur l’agriculture moderne pour accroître les rendements

Détails avec Florence Adidi, Abuja

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Le gouvernement nigérian multiplie les initiatives pour abandonner les pratiques agricoles traditionnelles de brûlis et adopter des techniques modernes visant à protéger les sols, accroître les rendements et réduire les émissions.

Le Secrétaire permanent du ministère fédéral de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, le Dr Marcus Ogunbiyi, l’a annoncé lors de l’atelier de clôture du projet intitulé «Réduction des polluants climatiques à courte durée de vie (SLCP) dans le secteur agricole nigérian», organisé à Abuja.

Selon lui, cet atelier, placé sous le thème «Action locale, impact national : bâtir la résilience grâce à une agriculture intelligente face au climat», ne marquait pas seulement la fin d’un cycle de projet, mais constituait une étape clé dans l’effort collectif du Nigeria pour faire face au changement climatique grâce à des solutions agricoles pratiques, centrées sur les agriculteurs et extensibles à grande échelle, notamment pour réduire les polluants climatiques à courte durée de vie qui représentent des risques immédiats pour l’environnement, la santé publique et les systèmes alimentaires.

D’après le responsable, «Ce projet, mis en œuvre par Self Help Africa en collaboration avec le ministère fédéral de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, avec l’appui financier de la Climate and Clean Air Coalition (CCAC), illustre la force des partenariats stratégiques pour traduire les engagements climatiques mondiaux en actions locales.»

Il a en outre rappelé que la loi nigériane sur le changement climatique de 2021 offre un cadre juridique et institutionnel clair pour parvenir à de faibles émissions de gaz à effet de serre, à un développement résilient au climat et à une croissance économique durable.

«Dans ce cadre, l’agriculture occupe une position stratégique, car elle est à la fois très vulnérable aux impacts climatiques et une source importante d’émissions de méthane et de carbone noir. Les contributions déterminées au niveau national (NDC) actualisées du Nigeria identifient le secteur agricole comme prioritaire pour l’atténuation et l’adaptation, notamment à travers la réduction des émissions de méthane, l’amélioration de la gestion des résidus et la promotion de pratiques agricoles intelligentes face au climat. Ce projet de réduction des SLCP soutient directement ces priorités nationales et contribue de manière significative à la feuille de route de mise en œuvre des NDC», a déclaré le Dr Ogunbiyi.

Il a expliqué que les polluants climatiques à courte durée de vie, en particulier le carbone noir issu du brûlage à ciel ouvert et le méthane provenant de la riziculture et de l’élevage, figurent parmi les plus puissants contributeurs au réchauffement climatique à court terme.

Il a ajouté que, bien que leur durée de vie dans l’atmosphère soit relativement courte, leur impact réchauffant est nettement supérieur à celui du dioxyde de carbone, avec de lourdes conséquences sur la qualité de l’air, la santé humaine et la durabilité agricole.

«Pour le Nigeria, où l’agriculture demeure essentielle aux moyens de subsistance, à l’emploi et à la sécurité alimentaire, la réduction des polluants climatiques à courte durée de vie offre une opportunité unique de triple gain : ralentir le réchauffement climatique à court terme, améliorer la qualité de l’air et la santé publique, et renforcer la productivité et la résilience agricoles. Ce projet a clairement démontré que l’atténuation du climat, l’adaptation et la sécurité alimentaire peuvent être poursuivies simultanément, et non de manière isolée», a-t-il souligné.

Le Secrétaire permanent a ainsi appelé les partenaires au développement à soutenir l’extension des initiatives, à privilégier des horizons de mise en œuvre plus longs et à promouvoir des modèles de financement axés sur les résultats. Il a également exhorté les institutions financières à concevoir des produits adaptés aux agriculteurs adoptant des pratiques à faibles émissions et intelligentes face au climat, tout en encourageant les agents de vulgarisation et les producteurs à devenir des ambassadeurs de l’agriculture sans brûlis et des systèmes agricoles résilients. Selon lui, ces actions garantiront que les enseignements du projet se traduisent par un impact national durable.

De son côté, le directeur des Services de gestion des terres et du changement climatique, Oshadiya Olanipekun, a rappelé que les polluants climatiques à courte durée de vie, notamment le méthane et le carbone noir, constituent de graves menaces pour le climat, la qualité de l’air et la santé publique.

«Au Nigeria, où l’agriculture reste un moteur économique majeur et une source importante d’émissions, la lutte contre les SLCP représente une occasion unique de réduire le réchauffement planétaire, d’améliorer la santé environnementale et de renforcer la productivité agricole», a-t-il indiqué.

Plus tôt, la représentante pays de Self Help Africa, Joy Aderele, avait affirmé que le projet avait permis de renforcer les systèmes de vulgarisation, de développer les capacités des agriculteurs et de produire des données probantes pour éclairer les politiques publiques et l’action nationale.

 

 

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