Énergie: Abuja soutient l’investissement de 20 milliards de dollars de Shell
Le chef de l’État mise sur des incitations ciblées pour attirer de nouveaux capitaux et renforcer la position du Nigeria dans l’énergie offshore.
Le président Bola Tinubu a approuvé l’inscription officielle (gazetting) d’incitations ciblées et liées à l’investissement destinées à soutenir le projet d’investissement de 20 milliards de dollars proposé par Shell et ses partenaires dans le cadre du projet pétrolier en eaux profondes Bonga South West, au large du Nigeria.
Le chef de l’État a également instruit la conseillère spéciale du président pour l’Énergie, Mme Olu Verheijen, de faciliter la publication officielle de ces incitations, conformément aux cadres juridiques et fiscaux en vigueur au Nigeria.
Recevant une délégation de Shell conduite par son directeur général mondial, Wael Sawan, le président Tinubu a précisé que ces incitations sont disciplinées, ciblées et compétitives à l’échelle internationale, conçues pour attirer de nouveaux capitaux sans porter atteinte aux recettes publiques.
« Ces incitations ne sont pas des concessions générales », a déclaré le président. « Elles sont strictement encadrées et liées à l’investissement, axées sur l’apport de nouveaux capitaux et l’augmentation de la production, le renforcement du contenu local et la création de valeur ajoutée sur le territoire national.
Mon attente est claire : le projet Bonga South West doit atteindre une décision finale d’investissement durant le premier mandat de cette administration. »
Le président Tinubu a souligné que le projet Bonga South West est stratégique pour l’économie nigériane, avec un fort potentiel de création de milliers d’emplois directs et indirects, de génération de devises étrangères et de revenus durables pour l’État sur toute la durée de vie du projet.
Il a ajouté que ce projet contribuerait également à renforcer la participation nigériane dans les domaines de l’ingénierie offshore, de la fabrication, de la logistique et des services énergétiques.
Le chef de l’État a réaffirmé l’engagement de son administration en faveur de la stabilité des politiques publiques, de la prévisibilité réglementaire et de la rapidité administrative, des réformes jugées essentielles pour restaurer la confiance des investisseurs et positionner le Nigeria comme une destination privilégiée pour les investissements énergétiques de grande envergure.
Il a également indiqué que Shell et ses partenaires ont investi près de 7 milliards de dollars au Nigeria au cours des 13 derniers mois, notamment dans les projets Bonga North et HI, y voyant la preuve tangible que les réformes économiques et énergétiques portent leurs fruits.
De son côté, Wael Sawan a salué l’amélioration notable du climat d’investissement sous l’administration Tinubu, affirmant que Shell est de plus en plus confiante dans le Nigeria en tant que destination pour des investissements à long terme.
La délégation de Shell comprenait plusieurs hauts dirigeants issus des équipes de direction mondiales et nigérianes du groupe.![]()
Un regain de confiance des investisseurs
Plus tôt, le géant mondial de l’énergie Shell Plc avait annoncé son intention d’investir jusqu’à 20 milliards de dollars au Nigeria dans les prochaines années, traduisant un regain de confiance dans le secteur pétrolier et gazier du pays, à la suite des récentes réformes politiques engagées par l’administration Tinubu.
Cette information a été confirmée par le directeur général du Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPC Ltd), Bayo Ojulari, à l’issue de la rencontre entre le président Tinubu et la direction mondiale de Shell à la State House d’Abuja.
M. Ojulari a précisé qu’il s’agissait de la première rencontre entre le président Tinubu et le président mondial du groupe Shell, organisée notamment pour remercier le chef de l’État des décrets présidentiels signés l’an dernier afin d’améliorer l’attractivité du Nigeria pour les investisseurs.
Il a rappelé que, si la Petroleum Industry Act (PIA) constitue une base essentielle de réforme du secteur, des incitations supplémentaires restent nécessaires pour maintenir la compétitivité du Nigeria face à la concurrence internationale.
« La concurrence pour les investissements est mondiale », a-t-il déclaré, citant d’autres pays africains, la Guyana et certaines régions de l’Extrême-Orient, qui ajustent constamment leurs politiques pour attirer les capitaux.
Un environnement d’investissement ouvert
Selon M. Ojulari, le renouvellement des politiques publiques a permis à Shell d’atteindre trois étapes majeures en 18 mois, à commencer par la cession de ses actifs onshore de coentreprise à Renaissance.
Cette opération, a-t-il expliqué, a envoyé un signal fort sur la volonté de l’administration de maintenir un environnement d’investissement ouvert et prévisible, permettant une libre circulation des capitaux.
À la suite de cette cession, Shell a pris une décision finale d’investissement de 5 milliards de dollars pour le projet Bonga North, avant d’approuver un investissement supplémentaire de 2 milliards de dollars dans un projet gazier en eaux peu profondes.
« Depuis l’annonce de ces incitations par le président, une seule entreprise, Shell, a déjà investi plus de 7 milliards de dollars », a-t-il souligné, y voyant une preuve claire du renforcement de la confiance des investisseurs.
M. Ojulari a enfin révélé que Shell avait officiellement fait part de son intention d’explorer de nouvelles opportunités d’investissement estimées à environ 20 milliards de dollars dans les années à venir, citant la confiance dans le leadership du président Tinubu, la transparence et l’agenda réformateur du gouvernement.
Les discussions ont également porté sur le projet Bonga South West, pour lequel Shell travaille actuellement à l’obtention d’une décision finale d’investissement. Le projet nécessiterait près de 10 milliards de dollars de dépenses d’investissement, en plus de coûts opérationnels importants.
Un fort impact sur l’emploi
M. Ojulari a indiqué que ces développements devraient générer un vaste volume d’emplois, relancer des chantiers de fabrication jusque-là inactifs et soutenir des emplois à long terme sur une période de 20 à 30 ans, correspondant au cycle de vie des projets pétroliers et gaziers.
« Pendant des années, les chantiers de fabrication sont restés à l’arrêt faute de projets. Ils vont désormais reprendre vie », a-t-il déclaré, ajoutant que les Nigérians bénéficieraient durablement de contrats liés à la construction, à la maintenance, à la main-d’œuvre et à la fourniture de services.
Il a assuré que NNPC Ltd, en tant que concessionnaire dans le cadre des contrats de partage de production avec les compagnies pétrolières internationales, continuerait de collaborer avec les investisseurs et les agences gouvernementales concernées afin de présenter des projets solides et bancables pour les autorisations requises.
« Notre responsabilité est d’être la conscience du gouvernement et celle des Nigérians, en veillant à ce que les hypothèses et les engagements pris soient justes et crédibles », a-t-il conclu, se disant optimiste quant à l’aboutissement des décisions finales d’investissement avec le soutien continu du président.