Le Forum des gouverneurs du Nigeria s’allie à un institut international pour promouvoir une justice centrée sur le citoyen

Détails avec Chioma Eche, Abuja

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Les efforts du Nigeria pour réformer son système judiciaire viennent de recevoir un nouvel élan avec la formalisation d’un partenariat entre le Forum des gouverneurs du Nigeria (NGF) et le Hague Institute for Innovation of Law (HiiL), destiné à ancrer une justice centrée sur les citoyens dans les 36 États de la fédération.

Le partenariat a été scellé par la signature d’un protocole d’accord (Memorandum of Understanding – MoU) au secrétariat du NGF à Abuja, marquant le passage de plusieurs années de collaboration informelle à une coopération structurée et de long terme, axée sur des résultats mesurables pour les citoyens.

S’exprimant lors de la cérémonie de signature, le directeur général du NGF, le Dr Abdulateef Shittu, a qualifié l’accord d’étape majeure dans le processus de réforme de la justice au Nigeria.

Il a déclaré : «Le MoU marque le passage du dialogue à l’action coordonnée, fondée sur les données, l’innovation et la prise en compte des besoins réels de justice des Nigérians.»

Selon le Dr Shittu, la relation entre le NGF et le HiiL est antérieure à cet accord, s’étant construite au fil d’un engagement constant autour des initiatives de réforme judiciaire.

Il a cité le Justice Needs and Satisfaction in Nigeria 2023 Report comme une réalisation déterminante de cette collaboration, soulignant qu’il est devenu un outil essentiel pour comprendre la manière dont les citoyens vivent la justice et pour identifier les failles du système.

«Ce rapport a permis aux décideurs, aux praticiens et aux acteurs du secteur judiciaire de disposer de données crédibles afin de dépasser les suppositions et de concevoir des réformes répondant plus directement aux besoins des populations», a-t-il indiqué.

Le Dr Shittu a expliqué que le MoU récemment signé offre désormais un cadre formel de coopération, traduisant un engagement commun en faveur d’une justice accessible, abordable, équitable et réactive, en particulier au niveau infranational, où se concentrent la majorité des difficultés.

Il a insisté sur le fait que cet accord n’est pas symbolique, mais qu’il constitue une plateforme d’expérimentation, d’apprentissage et d’impact, fondée sur le respect mutuel, la reconnaissance des forces institutionnelles et la volonté partagée d’améliorer l’accès à la justice par l’innovation et les approches fondées sur les preuves.

«Il s’agit d’un engagement en faveur de l’action, de l’apprentissage, de l’innovation et d’un impact mesurable à l’échelle du paysage judiciaire nigérian», a-t-il affirmé.

Le Dr Shittu a rappelé que les gouverneurs des États, à travers le NGF, jouent un rôle stratégique dans la définition des priorités politiques au niveau local.

Grâce au partenariat avec le HiiL, les gouvernements des États sont positionnés comme la première ligne de la prestation de la justice et comme des laboratoires pour des modèles de justice centrés sur les populations, adaptés aux réalités locales.

Cette collaboration, a-t-il ajouté, devrait soutenir des réformes qui renforcent les institutions tout en veillant à ce que les systèmes judiciaires reflètent la manière dont les citoyens vivent concrètement les problèmes juridiques, qu’il s’agisse de litiges fonciers, familiaux, commerciaux ou de l’accès aux services de base.

Reconnaissant l’expertise technique et la perspective internationale du HiiL, le Dr Shittu a souligné que son engagement continu a enrichi les débats nationaux et locaux sur la réforme de la justice, et s’est dit convaincu que ce partenariat permettra de transformer les travaux de recherche en solutions pratiques, améliorant l’efficacité, l’inclusion et la confiance du public dans la justice.

Selon lui, le MoU aligne l’approche fondée sur les données du HiiL avec la portée institutionnelle des gouvernements des États, créant ainsi des opportunités pour étendre les réformes à l’ensemble de la fédération.

«Dans le cadre de cet accord, les deux parties se sont engagées à agir de bonne foi afin de faire progresser l’accès à la justice par des interventions fondées sur les données, l’innovation et la collaboration.»

Si les initiatives spécifiques seront développées progressivement, le MoU établit néanmoins un cadre général de coopération durable. Le Dr Shittu a ajouté que le NGF attend de ce partenariat qu’il apporte des bénéfices tangibles aux communautés, renforce les institutions judiciaires et redéfinisse la justice comme un service public façonné par les besoins réels des citoyens qu’elle est censée servir.

Alors que le Nigeria continue de faire face à des défis persistants en matière d’accès à la justice, de coûts, de distance et de confiance institutionnelle, le partenariat NGF–HiiL marque un tournant délibéré vers des solutions plaçant le citoyen au cœur des réformes.

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