Diagnostic précoce et soins améliorés: le Nigeria s’attaque aux troubles hémorragiques

Une réforme sanitaire majeure pour améliorer le dépistage précoce et la prise en charge des troubles hémorragiques héréditaires à l’échelle nationale.

Le gouvernement fédéral du Nigeria a annoncé son intention d’intégrer la prise en charge de l’hémophilie et d’autres troubles hémorragiques héréditaires dans les services de santé maternelle et infantile, aux niveaux primaire et secondaire, à travers tout le pays.

Le ministre coordonnateur de la Santé et du Bien-être social, Muhammad Ali Pate, a fait cette annonce lors d’un point de presse à Abuja, à l’occasion de la Journée mondiale de l’hémophilie 2026.

Cette initiative vise à améliorer l’identification précoce des cas ainsi que l’intégration des patients dans des programmes de prise en charge globale des troubles hémorragiques héréditaires.

Représenté par le Dr Kamil Shoretire, le ministre a exprimé son inquiétude face au faible taux de diagnostic. Bien qu’environ 21 101 Nigérians vivent avec l’hémophilie, seuls 3 % des cas seraient diagnostiqués, révélant un important déficit en matière de détection et de prise en charge.

« Le gouvernement nigérian constate que la faible connaissance de l’hémophilie parmi les professionnels de santé demeure un problème majeur de santé publique, susceptible d’augmenter la morbidité et la mortalité s’il n’est pas traité de toute urgence », a-t-il averti.

Le ministre a souligné que le thème de 2026, « Diagnosis: The First Step to Care », est en adéquation avec les priorités nationales de santé, insistant sur le fait qu’un diagnostic précis est essentiel à un traitement efficace.

Selon lui, un diagnostic précoce permettrait de prévenir les complications, tout en améliorant la productivité et la qualité de vie des patients. Le gouvernement fédéral a également annoncé la création d’un registre national des troubles hémorragiques afin de renforcer la collecte de données et d’améliorer la qualité des soins.

En collaboration avec la Fédération mondiale de l’hémophilie et la Haemophilia Foundation of Nigeria, le gouvernement lancera l’initiative « Road to Clot », destinée à identifier les patients non diagnostiqués, les orienter vers des centres de traitement et garantir leur suivi à long terme.

Selon le ministre, cette initiative contribuera à réduire les impacts socio-économiques et psychologiques liés à l’hémophilie et aux autres troubles hémorragiques, grâce à des politiques ciblées, notamment l’élaboration de directives nationales et une collaboration multisectorielle autour des maladies non transmissibles.

« Nous appelons toutes les parties prenantes, y compris les médias, la société civile et les communautés, à intensifier les campagnes de sensibilisation et à soutenir cette initiative afin de réduire le fardeau des troubles hémorragiques dans le pays », a-t-il exhorté.

Dans son message de soutien, la directrice exécutive de la Haemophilia Foundation of Nigeria, Megan Buckie Adediran, a décrit cette journée comme un moment de réflexion sur les défis et la résilience des personnes vivant avec ces pathologies, tout en saluant les efforts continus des professionnels de santé et des partenaires.

De son côté, la professeure Theresa Nwagha, vice-présidente (médicale) de la fondation, a affirmé que le programme « Road to Clot: Reaching the Undiagnosed » constitue une avancée majeure vers l’équité en matière de santé, en mettant l’accent sur le dépistage communautaire, l’amélioration du diagnostic et le renforcement du registre national.

Dans le cadre de cette initiative, cinq ambulances ont été mises en service pour soutenir les activités de sensibilisation, notamment dans les zones difficiles d’accès, afin de garantir que les personnes non diagnostiquées soient identifiées, prises en charge et bénéficient de soins appropriés.

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