L’Alliance des États du Sahel au cœur des efforts de médiation de la CEDEAO
Un médiateur de poids nommé pour rapprocher le Niger, le Mali et le Burkina Faso de la communauté ouest-africaine
La CEDEAO a franchi mercredi une étape importante pour relancer le dialogue avec le Niger, le Mali et le Burkina Faso en nommant un médiateur chargé de faciliter les discussions.
Ces trois pays sont actuellement dirigés par des gouvernements militaires arrivés au pouvoir entre 2020 et 2023. L’an dernier, ils ont quitté l’Union économique et monétaire de la CEDEAO (UEMOA) pour créer leur propre confédération, l’Alliance des États du Sahel (AES).
Lansana Kouyaté, ancien Premier ministre de Guinée et ex-secrétaire exécutif de la CEDEAO, a été désigné « négociateur en chef auprès des pays de l’AES ».
Le trio de pays, qui a récemment renforcé ses liens politiques avec Moscou, adopte une posture anti-impérialiste et pro-souveraineté. Il critique sévèrement les pays côtiers de l’Afrique de l’Ouest qui restent proches de l’ancienne puissance coloniale, la France.
Ces États de l’AES font face depuis plusieurs années à des insurrections djihadistes menées par des groupes affiliés à Al-Qaïda et à État islamique.
À Abuja, une source de la présidence de la CEDEAO a confirmé la nomination de M. Kouyaté, précisant que son rôle serait de contribuer « au rapprochement des peuples de la communauté ouest-africaine ».
« M. Kouyaté est un grand diplomate. Son expérience nous permettra de tisser des liens plus étroits avec nos frères de l’AES. Nous avons des combats communs à mener ensemble », a déclaré une source de la présidence de Sierra Leone.
En juillet 2024, la CEDEAO avait déjà nommé le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye comme médiateur pour ramener les juntes sahéliennes dans le bloc, mais cette tentative avait échoué.
En mars 2025, le président ghanéen John Dramani Mahama s’était rendu dans les trois pays pour une nouvelle tentative de réintégration, elle aussi infructueuse.