Migration : le Nigeria précise les termes du protocole d’accord signé avec le Royaume-Uni

Détails avec Temitope Mustapha, Abuja

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Le gouvernement nigérian a précisé que le protocole d’accord (MoU) conclu avec le Royaume-Uni établit un cadre visant à promouvoir une migration sûre, ordonnée et régulée entre les deux pays, tout en renforçant la coopération contre la migration irrégulière.

Dans un communiqué publié samedi, le conseiller spécial du président chargé de l’information et de la stratégie, M. Bayo Onanuga, a indiqué que cet accord met en place un mécanisme structuré destiné à faciliter les flux migratoires légaux et à intensifier les efforts bilatéraux dans la lutte contre les infractions liées à la migration, conformément aux lois en vigueur et aux conventions internationales.

Cette mise au point intervient dans un contexte de «désinformation généralisée» autour de ce partenariat migratoire, signé lors de la récente visite d’État du président Bola Tinubu au Royaume-Uni.

Le conseiller présidentiel a tenu à préciser que le protocole n’oblige nullement le Nigeria à accepter des ressortissants étrangers, soulignant que seuls les citoyens nigérians dûment identifiés peuvent être concernés par un éventuel rapatriement.

«Il est devenu nécessaire de réfuter la vague de désinformation entourant le partenariat migratoire entre le Nigeria et le Royaume-Uni, tel qu’énoncé dans le protocole d’accord signé par les deux pays en marge de la visite d’État historique du président Bola Ahmed Tinubu au Royaume-Uni.»

«Le mémorandum sur la coopération en matière d’immigration, à l’instar des autres accords signés, vise à renforcer le partenariat entre le Nigeria et le Royaume-Uni.»

«Le ministre nigérian de l’Intérieur et le secrétaire d’État au département de l’Intérieur du gouvernement du Royaume-Uni et d’Irlande du Nord ont signé ce protocole d’accord sur la migration.»

«Ce protocole établit un cadre destiné à faciliter des flux migratoires sûrs et régulés entre les deux pays, et à encourager une coopération bilatérale accrue dans la lutte contre la migration irrégulière et les actes connexes, conformément aux lois nationales et aux traités, conventions, protocoles et accords internationaux en vigueur», a ajouté M. Onanuga.

Il a en outre expliqué que toute personne concernée par un retour devra faire l’objet de multiples procédures d’identification et de vérification. En cas d’erreur, celle-ci sera renvoyée dans le pays demandeur, aux frais de ce dernier.

La présidence a également indiqué que les deux États se sont engagés à garantir le retour digne de leurs ressortissants ne disposant plus du droit légal de séjour sur le territoire de l’autre, dans le strict respect des droits humains et des libertés fondamentales.

Selon M. Onanuga, les migrants rapatriés pourront rentrer avec leurs effets personnels acquis légalement et disposeront d’un délai suffisant pour organiser le transfert ou la cession de leurs biens avant leur départ.

«Dans le cadre de cet accord, le Nigeria et le Royaume-Uni travailleront ensemble afin d’assurer le retour digne de leurs ressortissants qui n’ont pas, ou n’ont plus, le droit d’entrer ou de séjourner sur le territoire de l’autre pays.»

«Une condition essentielle du protocole est que les personnes concernées soient des ressortissants authentiques du pays, et qu’elles soient traitées avec dignité et respect, dans le respect de leurs droits fondamentaux.»

«Les forces de l’ordre de chaque pays prendront les mesures nécessaires pour protéger les intérêts et le bien-être des citoyens, et prévenir les tensions liées aux questions migratoires.»

Le texte prévoit également des procédures strictes encadrant les retours, notamment la vérification de l’identité avant le départ et à l’arrivée, ainsi qu’une coordination étroite entre les autorités compétentes des deux pays.

Le Nigeria conserve par ailleurs une souveraineté totale sur ses procédures documentaires, le Service nigérian de l’immigration étant seul habilité à délivrer les documents de voyage et à gérer les formalités concernant ses ressortissants.

Le protocole prévoit également un dispositif d’accompagnement à la réintégration des personnes rapatriées, comprenant une assistance à court, moyen et long terme : hébergement, transport, formation professionnelle, accès à l’éducation et programmes d’entrepreneuriat.

«Nulle part dans ce mémorandum de 12 pages il n’est exigé que le Nigeria accepte des ressortissants étrangers autres que ses propres citoyens.»

«Les personnes à rapatrier doivent avoir fait l’objet de plusieurs niveaux d’identification et de vérification, et en cas d’erreur, elles sont renvoyées dans le pays demandeur aux frais de celui-ci.»

«Une disposition clé prévoit que le migrant rapatrié puisse emporter ses biens personnels acquis légalement, contrairement à la situation antérieure où les migrants repartaient sans rien.»

«Chaque personne rapatriée disposera d’un délai suffisant pour organiser le transfert ou la liquidation de ses biens sur le territoire du pays demandeur, sous la supervision des autorités compétentes.»

Le texte prévoit également des voies de recours, notamment pour les personnes ayant des attaches profondes dans le pays demandeur ou susceptibles de rencontrer des difficultés majeures de réintégration dans leur pays d’origine.

Enfin, la présidence a indiqué que cet accord, à l’instar de ceux conclus en 2012, 2017 et 2022, est prévu pour une durée initiale de cinq ans, renouvelable.

M. Onanuga a exhorté les médias à faire preuve de rigueur et à solliciter des clarifications sur les sujets sensibles, afin d’éviter la propagation de fausses informations et de garantir une compréhension juste des politiques publiques.

 

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