Washington: les républicains bloquent une tentative de freiner l’offensive contre l’Iran
Malgré les critiques démocrates sur la légalité du conflit, la majorité républicaine bloque toute tentative de limiter l’autorité présidentielle en matière militaire.
Le Sénat des États-Unis a rejeté mercredi 4 mars une résolution visant à limiter les pouvoirs militaires de Donald Trump dans le cadre du conflit avec l’Iran. Soutenue par la majorité républicaine, la chambre haute a voté contre le texte par 53 voix contre 47, confirmant un appui solide à l’opération américano-israélienne en cours.
La résolution avait été déposée fin janvier par le sénateur démocrate Tim Kaine, avant même le déclenchement des hostilités. Elle demandait le retrait des forces armées américaines de toute action militaire contre la République islamique d’Iran non expressément autorisée par le Congrès.
Pour ses promoteurs, il s’agissait de réaffirmer le rôle constitutionnel du Congrès, seul habilité à déclarer la guerre. Toutefois, un démocrate, John Fetterman, favorable à l’intervention, a voté contre le texte, tandis que le républicain Rand Paul a été le seul membre de son parti à le soutenir.
Au cœur de la controverse figure la notion de « menace imminente ». Après un briefing classé secret défense avec, notamment, le secrétaire d’État Marco Rubio, Tim Kaine a affirmé qu’aucune preuve d’une menace immédiate iranienne contre les États-Unis n’avait été présentée aux sénateurs.
Or, si la Constitution confie au Congrès le pouvoir de déclarer la guerre, la loi de 1973 sur les pouvoirs de guerre permet au président de lancer une intervention militaire limitée en cas d’urgence résultant d’une attaque imminente contre le pays. Donald Trump a justement invoqué cet argument dans son allocution annonçant l’opération, sans convaincre l’opposition démocrate.
À la Chambre des représentants des États-Unis, une résolution similaire doit être soumise au vote, mais son rejet est également anticipé. Le président républicain de la Chambre, Mike Johnson, a jugé « dangereux » de retirer au commandant en chef la capacité de « terminer le travail ».
Dans un climat politique polarisé, ce vote confirme l’alignement de la majorité républicaine derrière la Maison Blanche et souligne les tensions persistantes entre pouvoir exécutif et législatif sur la conduite des opérations militaires.