Le secteur spatial nigérian renforcé par une décision majeure du président Tinubu
Une décision stratégique pour accélérer la mise en œuvre de la feuille de route spatiale nationale et positionner le Nigeria dans l’économie mondiale de l’espace.
Le président du Nigeria, Bola Tinubu, a ordonné le décaissement immédiat des fonds approuvés pour la maintenance des actifs spatiaux du pays, conformément à la Politique et au Programme spatiaux nationaux.
Cette décision souligne l’engagement de son administration à mettre pleinement en œuvre la politique spatiale du Nigeria, telle que définie dans la feuille de route révisée sur 25 ans pour le développement du secteur spatial.
L’approbation a été accordée mardi lors de la première réunion du Conseil national de l’espace, tenue à la Villa présidentielle à Abuja.
Représenté à cette réunion par le vice-président Kashim Shettima, le président a déclaré :
« J’approuve par la présente que le coût de mise en œuvre de la feuille de route révisée sur 25 ans pour la politique spatiale nationale soit transmis au Conseil exécutif fédéral pour examen et approbation. »
« Le Nigeria ne restera pas spectateur face à cette nouvelle frontière. Nous participerons, nous rivaliserons, nous contribuerons. Nos ambitions spatiales doivent être fondées sur des résultats, la responsabilité et la valeur nationale.
Nous devons bâtir un programme qui serve l’agriculteur dans son champ, l’enseignant dans sa salle de classe, l’entrepreneur au marché, le soldat en mission, le chercheur en laboratoire et le décideur public qui doit planifier sur la base de données fiables plutôt que d’estimations approximatives. C’est ainsi qu’une nation transforme son ambition en avantage. »
Il a assuré les Nigérians que son administration, à travers l’Agenda « Renewed Hope », demeure engagée à développer le pays « en mobilisant les ressources humaines nécessaires à l’amélioration socio-économique de notre nation ».
« Nous resterons déterminés à fournir le soutien requis pour assurer le succès du programme spatial, ainsi que les ressources nécessaires à sa croissance et à la réalisation du mandat de l’agence spatiale nationale », a-t-il ajouté.
Le président a souligné que les investissements dans ce secteur sont motivés par les opportunités qu’offre l’espace extra-atmosphérique, « nouvelle frontière du développement humain », ainsi que par son potentiel en matière d’innovation technologique et de diversification économique.
Il a expliqué que l’espace constitue également « un défi unique et une plateforme pour l’exploration et l’exploitation efficaces des ressources naturelles du pays, ainsi que pour la protection de son environnement ».
« La technologie spatiale demeure le fondement de la cybersécurité et d’une économie numérique dynamique. L’économie spatiale connaît une croissance rapide et devrait dépasser 1 000 milliards de dollars d’ici 2040. Investir dans l’espace, ce n’est pas financer un rêve lointain.
Nous finançons la précision dans l’agriculture et la sécurité de nos frontières ; nous finançons les systèmes d’alerte précoce contre les inondations et les incendies, des villes plus intelligentes, des cieux plus sûrs, des communications renforcées et une économie numérique capable de rivaliser avec les meilleures au monde. Nous finançons la confiance d’une nation qui refuse d’être limitée par les contraintes d’hier. »
Le président a exhorté l’agence spatiale nationale à demeurer fidèle à son mandat, l’enjoignant à « utiliser tous les moyens légaux disponibles pour faire appliquer le cadre réglementaire spatial et la gestion du spectre en vue d’une utilisation sécurisée des actifs et ressources spatiales du Nigeria, conformément à la loi NASDRA de 2010 ».
Il a également ordonné à tous les ministères, départements et agences, ainsi qu’aux parties prenantes et au secteur privé, de se conformer au cadre réglementaire spatial, précisant que cette directive inclut la libération rapide de tous les fonds approuvés par le ministère fédéral des Finances.
Apportant des précisions sur la réunion, le ministre de l’Innovation, de la Science et de la Technologie, Kingsley Udeh, a qualifié cette session du Conseil national de l’espace d’historique, soulignant qu’elle a abouti à des décisions majeures pour l’avancement de l’industrie spatiale nigériane.
Il a indiqué que le Conseil a approuvé les conditions de service et le règlement du personnel de la Nigerian Space Research and Development Agency (NASRDA), afin de les aligner sur les meilleures pratiques internationales.
Selon lui, cette mesure vise à garantir une rémunération compétitive aux professionnels du secteur, afin d’éviter la fuite des cerveaux et de retenir les experts nigérians.
Le Conseil a également décidé de créer un groupe de travail composé d’experts spatiaux chargés de finaliser la feuille de route révisée du programme spatial nigérian sur 25 ans.
Ce groupe comprendra notamment la NASRDA, la Nigerian Communications Commission, la National Defence Space Agency et la Nigerian Communications Satellite (NIGCOMSAT), ainsi que d’autres acteurs de l’écosystème spatial national.
Le ministre a également salué l’approbation du développement et de l’opérationnalisation du Centre spatial Bola Ahmed Tinubu à Ekpe, infrastructure qui permettra au Nigeria de lancer ses propres satellites en orbite et de réduire sa dépendance à l’expertise étrangère pour l’hébergement et la maintenance de ses satellites.