Crise du cacao: Abidjan prête à suivre l’exemple du Ghana
Après le Ghana, Abidjan pourrait réduire le prix payé aux planteurs afin de stabiliser une filière fragilisée depuis 2024.
La Côte d’Ivoire pourrait bientôt emboîter le pas au Ghana en réduisant à son tour le prix d’achat du cacao aux producteurs. Cette mesure, actuellement à l’étude, vise à répondre à la crise profonde qui secoue la filière de « l’or brun » depuis 2024.
Un comité interministériel, réuni cette semaine à Abidjan, est chargé d’examiner la situation et de formuler des recommandations. Ses conclusions sont très attendues, tant par les acteurs du secteur que par les marchés internationaux.
Premier exportateur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire traverse une période particulièrement délicate. La filière est confrontée à plusieurs difficultés majeures : retards de paiement aux planteurs, accumulation de stocks de fèves invendus et tensions sur la chaîne d’approvisionnement. Cette conjoncture met sous pression aussi bien les producteurs que les autorités publiques.
Selon plusieurs analystes, une réduction du prix d’achat ivoirien devrait être comparable à celle décidée par le Ghana pour produire des effets significatifs. En octobre dernier, Accra a abaissé d’environ 40 % le prix payé aux planteurs, le faisant passer de 5 270 dollars à 3 700 dollars la tonne.
À eux seuls, la Côte d’Ivoire et le Ghana représentent près de 60 % de la production mondiale de cacao. Face à l’ampleur de la crise, une coordination étroite entre les deux géants ouest-africains apparaît indispensable pour stabiliser le marché et préserver l’avenir de millions de producteurs dépendants de cette culture stratégique.