Du budget à l’impact: le Sénat s’engage aux côtés de l’Exécutif

Le Parlement promet une collaboration étroite avec l’Exécutif pour garantir une adoption rapide et une mise en œuvre rigoureuse du budget 2026.

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Le Sénat nigérian a assuré le président Bola Tinubu de sa disponibilité à travailler étroitement avec l’Exécutif afin de garantir l’adoption dans les délais et la mise en œuvre effective du projet de loi de finances (Appropriation Bill) pour l’année 2026.

Cette assurance a été donnée par le président du Sénat, le sénateur Godswill Akpabio, lors de l’audience publique et de la session interactive sur le budget 2026, organisées par la commission sénatoriale des crédits budgétaires à l’Assemblée nationale, à Abuja, lundi.

Représenté à cette occasion par le vice-président du Sénat, le sénateur Barau Jibrin, Godswill Akpabio a déclaré que le pouvoir législatif restait fermement engagé dans l’exercice de ses responsabilités constitutionnelles en matière de contrôle, de redevabilité et de soutien législatif, dans le but de stabiliser l’économie et d’améliorer le bien-être des Nigérians.

Il a affirmé :
« Le Sénat demeure pleinement engagé dans sa responsabilité constitutionnelle de contrôle, de responsabilité et de soutien législatif aux politiques qui stabilisent l’économie, stimulent la productivité et améliorent la sécurité ainsi que le bien-être de notre peuple.

Nous continuerons à travailler avec l’Exécutif et toutes les parties prenantes pour garantir que le budget 2026 soit non seulement adopté à temps, mais également mis en œuvre avec rigueur et des résultats mesurables. »

Dans un discours intitulé Du budget à l’impact, le président du Sénat a décrit les auditions budgétaires comme un processus démocratique essentiel plutôt qu’un simple exercice législatif de routine.

Selon lui, le Nigeria traverse une phase critique marquée par des pressions inflationnistes, des déficits en infrastructures, des préoccupations liées au chômage et des défis sécuritaires persistants, qui affectent directement la vie quotidienne des citoyens.

« Les auditions budgétaires ne sont pas de simples rituels de gouvernance. Ce sont des moments d’auto-évaluation nationale. Ce sont des occasions où une nation s’arrête pour se poser des questions difficiles : Où en sommes-nous ? Où allons-nous ? Et nos ressources sont-elles alignées sur nos aspirations ?

Le Nigeria se trouve aujourd’hui à un tournant décisif. Nous faisons face à des pressions budgétaires, à des tensions inflationnistes, à des insuffisances en matière d’infrastructures, à l’angoisse de l’emploi et à des défis sécuritaires qui pèsent lourdement sur la confiance et les moyens de subsistance de notre population.

Ce ne sont pas des abstractions ni des projections théoriques. Ce sont des réalités quotidiennes vécues dans les foyers, les marchés, les exploitations agricoles, les usines et les rues à travers le pays », a-t-il souligné.

Malgré ces difficultés, le président du Sénat a exprimé son optimisme, exhortant les Nigérians et les décideurs publics à ne pas céder au découragement.

Il a insisté sur la nécessité d’abandonner les schémas traditionnels de dépenses au profit d’une gestion budgétaire plus efficace et plus impactante, citant les propos du célèbre économiste John Maynard Keynes.

« Soyons clairs : l’adversité n’est pas l’annonce de la défaite. Bien souvent, elle est le signal de la résilience et de la transition. L’aigle ne fuit pas la tempête ; il s’en élève. »

« Comme l’a observé John Maynard Keynes, “la difficulté ne réside pas tant dans le développement de nouvelles idées que dans l’abandon des anciennes”. Notre mission n’est donc pas seulement de dépenser davantage, mais de dépenser mieux ; pas simplement d’allouer des fonds, mais de transformer les budgets en résultats et les crédits en impact. »

« La discipline budgétaire, les réformes fiscales, la stabilité macroéconomique, la fourniture d’infrastructures et une mise en œuvre efficace ne sont pas des objectifs isolés. Ce sont des piliers interconnectés du redressement et de la croissance nationale », a-t-il ajouté.

Le président du Sénat a également salué la commission sénatoriale des crédits budgétaires pour avoir ouvert le processus budgétaire à l’examen public, y voyant une démonstration de responsabilité démocratique.

Il a en outre invité les parties prenantes, experts et citoyens participant à l’audience à contribuer de manière constructive.

« En ouvrant ce processus à l’examen public et à la participation des experts, la commission réaffirme un principe démocratique fondamental : dans une démocratie, le budget n’est pas élaboré uniquement pour le peuple, mais avec le peuple.

Vos analyses, critiques et recommandations ne sont pas des interruptions du processus de gouvernance ; elles en sont l’oxygène. Participez non pas comme de simples observateurs, mais comme des partenaires du progrès national », a souligné Akpabio.

Il a conclu en qualifiant le budget de document moral et fondé sur des valeurs, reflétant les priorités d’une nation.

De son côté, le président de la commission sénatoriale des crédits budgétaires, le sénateur Solomon Olamilekan Adeola, a insisté sur la nécessité pour les ministres, départements et agences (MDA) de comparaître devant leurs commissions respectives afin de défendre leurs propositions budgétaires.

« Tous les outils nécessaires pour assurer un contrôle approprié de ce budget, pour garantir l’utilisation judicieuse de nos recettes, sont prévus par la loi. Nous entendons donner à la Commission de responsabilité budgétaire les moyens d’agir efficacement à l’avenir.

Le budget 2026 marquera un tournant ; il ne s’agira pas d’une continuité des pratiques habituelles. Nous avons voté des crédits par service et nous avons toute légitimité pour demander des comptes sur l’utilisation de ces fonds. Une fois la loi adoptée, chaque ligne budgétaire pourra faire l’objet d’un examen sur la manière dont les ressources ont été utilisées », a-t-il déclaré.

L’audience publique et la session interactive ont également été marquées par une présentation technique du professeur Wasiu Adeoye de l’Université de Lagos, portant sur le cadre budgétaire et fiscal.

Les commissions permanentes du Sénat vont désormais entamer l’examen détaillé des estimations budgétaires avec les ministères, départements et agences concernés.

La commission des crédits budgétaires prévoit également de rencontrer les principaux responsables économiques, notamment le ministre des Finances, M. Wale Edun, et le ministre du Budget, Atiku Bagudu, le 5 mars 2026.

Le Sénat a fixé provisoirement la date du 17 mars 2026 pour l’adoption finale du budget 2026.

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