Zambie: huit mois après sa mort, l’inhumation d’Edgar Lungu reste bloquée

Un imbroglio judiciaire entre la famille de l’ancien président et l’État zambien empêche toujours l’organisation de ses funérailles, ravivant les tensions politiques à l’approche des élections.

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Huit mois après son décès, l’ancien président zambien Edgar Lungu n’a toujours pas été enterré, une situation inédite qui continue de susciter de vives controverses tant sur le plan judiciaire que politique. Décédé le 5 juin 2025, l’ex-chef de l’État se trouve au centre d’un conflit opposant sa famille aux autorités zambiennes sur le lieu de son inhumation.

La famille du défunt président souhaite que celui-ci soit enterré en Afrique du Sud, pays où il est décédé. Une requête qui a toutefois été rejetée par la Haute Cour de Pretoria, laquelle a ordonné, en août dernier, le rapatriement du corps en Zambie afin que des funérailles nationales lui soient accordées, conformément à la volonté du gouvernement zambien.

Selon la juridiction sud-africaine, en tant qu’ancien chef d’État, Edgar Lungu bénéficie d’un statut officiel qui lui confère le droit à des obsèques nationales en Zambie. À ce titre, les souhaits de la famille ne sauraient primer sur ce que la cour considère comme l’intérêt national.

Malgré cette décision judiciaire claire, aucun rapatriement officiel de la dépouille n’a, à ce jour, été effectué. La famille de l’ancien président aurait saisi la Cour suprême d’appel d’Afrique du Sud, mais l’absence de communication officielle de cette instance entretient le flou et alimente de nombreuses spéculations.

Pour certains observateurs, ce blocage prolongé dépasse le simple cadre juridique. L’analyste politique Donald Porusingazi estime que ce retard inhabituel pourrait dissimuler des enjeux politiques sensibles. Selon lui, la persistance de cette situation risque d’exacerber les tensions dans un climat politique déjà fragile, à l’approche des élections présidentielles en Zambie.

Alors que le pays attend toujours une issue à cette impasse, l’absence de sépulture pour un ancien président demeure un symbole troublant des divisions institutionnelles et politiques qui traversent actuellement la Zambie.

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