Le Nigeria et les États-Unis renforcent leurs liens sécuritaires pour la liberté religieuse

Détails avec  Mnena Iyorkegh, Abuja

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Le gouvernement nigérian a réaffirmé son engagement à protéger les vies humaines et à rétablir la sécurité sur l’ensemble du territoire national, à l’issue d’une session plénière du Groupe de travail conjoint Nigeria–États-Unis, consacrée à l’examen du classement du Nigeria comme Country of Particular Concern (CPC). La réunion s’est tenue au Bureau du Conseiller à la sécurité nationale (ONSA), à Abuja.

S’exprimant devant la presse, le ministre de l’Information et de l’Orientation nationale, Mohammed Idris, a indiqué que cette rencontre s’inscrivait dans une dynamique soutenue visant à renforcer les partenariats sécuritaires du Nigeria et à produire des résultats concrets au bénéfice des citoyens.

«Il s’agit de la troisième rencontre de haut niveau avec de hauts responsables américains depuis novembre 2025. Cela démontre que notre partenariat est actif, sérieux et résolument tourné vers des résultats qui comptent pour les Nigérians.»

Selon le ministre, cette coopération bilatérale traduit bien plus qu’un simple alignement diplomatique.

«Ce partenariat reflète non seulement notre engagement commun en faveur de la liberté religieuse et de la protection des civils, mais aussi une relation stratégique mature, fondée sur la confiance, la franchise et le sens partagé des responsabilités», a-t-il déclaré.

La réunion s’inscrivait dans le cadre du Groupe de travail conjoint États-Unis–Nigeria et était coprésidée par le Conseiller à la sécurité nationale, Nuhu Ribadu, et la secrétaire d’État américaine adjointe aux affaires politiques, Allison Hooker.

D’après Mohammed Idris, la coopération entre Abuja et Washington a déjà produit des avancées opérationnelles notables.

«Nos forces armées et nos agences de sécurité collaborent étroitement avec leurs partenaires américains à travers le partage de renseignements et la coordination opérationnelle. Cela a permis de renforcer des opérations en cours, notamment Operation Hadin Kai dans le Nord-Est et Operation Fasan Yamma», a-t-il précisé.

Il a également annoncé que les États-Unis se sont engagés à assurer la livraison rapide des équipements militaires en attente — drones, hélicoptères, plateformes, pièces de rechange et systèmes de soutien — acquis au cours des cinq dernières années, tout en se disant disposés à fournir au Nigeria des équipements de défense excédentaires.

«Nous voulons que les Nigérians sachent que ce partenariat fonctionne. Ces efforts ne sont pas abstraits. Ils produisent des résultats et continueront d’en produire», a insisté le ministre.

Sur le plan intérieur, Mohammed Idris a rappelé que le président Bola Ahmed Tinubu a officiellement déclaré l’état d’urgence sécuritaire dans les zones vulnérables et à haut risque, autorisé l’intensification des opérations conjointes et ordonné le déploiement durable des forces de sécurité dans les zones prioritaires.

«Le Nigeria agit avec détermination. Les agences de sécurité ont des instructions claires pour protéger les communautés et répondre rapidement aux menaces», a-t-il affirmé.

Le ministre a en outre révélé que le gouvernement fédéral renforce les systèmes d’alerte précoce et développe une base de données nationale destinée à fournir des chiffres précis et vérifiables sur les décès et les victimes liés aux violences, soulignant que la justice demeure un pilier central de la stratégie sécuritaire.

«Cela nous donnera une source unique et fiable de données pour orienter les décisions, renforcer la redevabilité et affiner notre réponse sécuritaire. Le ministère de la Justice, le DSS et la Police nigériane mènent activement des enquêtes et des poursuites liées au terrorisme. La violence ne sera pas seulement combattue par la force, mais aussi par la justice et la responsabilité», a-t-il déclaré.

Il a enfin appelé les Nigérians à faire preuve de patience et de soutien à mesure que les réformes sécuritaires se poursuivent.

«Notre responsabilité est de tenir les Nigérians informés et rassurés. Le travail accompli aujourd’hui vise à garantir un pays plus sûr demain», a-t-il ajouté.

La session plénière du Groupe de travail conjoint Nigeria–États-Unis a réuni de hauts responsables des deux pays. Côté nigérian figuraient notamment le Conseiller à la sécurité nationale Nuhu Ribadu, le ministre de l’Information Mohammed Idris, le ministre de la Défense le général Christopher Gwabin Musa (rtd), le chef d’état-major des armées le général Olufemi Oluyede, le ministre du Budget et de la Planification économique Abubakar Atiku Bagudu, la ministre d’État aux Finances Dr Doris Uzoka-Anite, le ministre de l’Intérieur Dr Olubunmi Tunji-Ojo, l’Inspecteur général de la police Kayode Egbetokun, ainsi que le contrôleur général des Douanes Bashir Adewale Adeniyi.

La délégation américaine comprenait notamment Allison Hooker, secrétaire d’État adjointe aux affaires politiques (coprésidente), le chargé d’affaires Keith Heffern, l’assistant secrétaire d’État Riley Barnes (Bureau de la démocratie, des droits de l’homme et du travail), le général John Brennan (AFRICOM), ainsi que plusieurs hauts responsables des départements d’État et de la Défense.

 

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