Pollution au Nigeria: le EHCON déclare une urgence nationale de santé publique

Le Conseil de la santé environnementale du Nigeria alerte sur une explosion des maladies liées aux émissions de gaz à effet de serre et à la pollution des moteurs à combustion, jugée plus dangereuse à long terme que la pandémie de COVID-19.

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Le Conseil de la santé environnementale du Nigeria (EHCON) a déclaré une urgence de santé publique face à la hausse inquiétante des maladies environnementales liées aux émissions de gaz à effet de serre (GES) et à la pollution issue des moteurs à combustion à travers le pays.

Cette déclaration a été faite à Abuja lors d’une conférence de presse animée par le registrar et directeur général du EHCON, le Dr Yakubu Baba.

Selon lui, les maladies liées à la pollution de l’air représentent désormais une menace sanitaire à long terme plus grave que celle de la pandémie de COVID-19.

Le Dr Yakubu Baba a également annoncé l’activation de l’Initiative nationale de réponse d’urgence sur les impacts de santé publique environnementale des émissions de gaz à effet de serre (National Emergency Response Initiative on Environmental Public Health Impacts of Greenhouse Gas Emissions – NERI-EPHIGGEL).

« Cette initiative sera mise en œuvre en collaboration avec le ministère fédéral de l’Environnement, l’Agence nationale de réglementation et d’application des normes environnementales (NESREA), le Conseil national sur le changement climatique (NCCC) ainsi que d’autres ministères, départements et agences (MDA) concernés, notamment l’Autorité portuaire nigériane (NPA), le Corps fédéral de sécurité routière (FRSC), les ministères de l’Environnement des États, les agences de protection de l’environnement et les départements de santé environnementale des gouvernements locaux.

Parmi les mesures d’urgence clés figurent l’intensification des inspections réglementaires des installations à fortes émissions et des corridors de transport, l’instauration d’audits obligatoires de conformité en santé publique environnementale, des sanctions en cas de non-respect des Règlements de pratique de la santé environnementale de 2024, ainsi que l’introduction de technologies de réduction des émissions », a-t-il déclaré.

Tests d’émissions obligatoires

Il a précisé que le Conseil travaille également à la mise en place de tests d’émissions obligatoires pour les groupes électrogènes et les véhicules lourds, à des restrictions progressives sur les moteurs fortement polluants, ainsi qu’au renforcement de la surveillance sanitaire environnementale « grâce au déploiement de plus de 70 000 agents de santé publique environnementale à l’échelle nationale ».

Selon le registrar, cette réponse d’urgence devrait permettre de réduire la morbidité et la mortalité liées à la pollution, d’améliorer la qualité de l’air, de renforcer la gouvernance de la santé publique environnementale et d’accroître la résilience nationale face aux menaces sanitaires d’origine environnementale.

« Lutter contre les maladies environnementales causées par les émissions de gaz à effet de serre n’est pas une exagération, mais une nécessité », a-t-il affirmé, appelant les parties prenantes — gouvernements, industries, communautés et médias — à soutenir cette initiative dans l’intérêt de la santé publique et du développement national.

Selon le EHCON, les enquêtes, la surveillance de terrain et le renseignement environnemental révèlent une tendance alarmante : les maladies environnementales liées à la pollution de l’air augmentent à une échelle qui dépasse désormais l’impact sanitaire à long terme de la pandémie de COVID-19.

« Ces polluants proviennent principalement des groupes électrogènes fonctionnant aux combustibles fossiles, des véhicules lourds, des machines industrielles, des moteurs marins, des activités minières et du secteur pétrolier », a précisé le Dr Yakubu Baba.

Il a souligné que cette déclaration s’inscrit dans l’Agenda de l’Espoir renouvelé (Renewed Hope Agenda) du président Bola Ahmed Tinubu, notamment en ce qui concerne le renforcement de la gouvernance de la santé publique environnementale et la protection des citoyens contre des risques sanitaires évitables.

Le registrar du EHCON a averti que le Nigeria est confronté à une convergence de facteurs de risque critiques, notamment :

  • la hausse des décès évitables dus aux maladies induites par la pollution ;

  • une dépendance excessive et non réglementée aux moteurs à combustion ;

  • des contrôles d’émissions insuffisants dans les secteurs à haut risque ;

  • l’augmentation des coûts des soins de santé et la perte de capital humain productif.

Il a averti que l’inaction ferait peser une pression insoutenable sur le système de santé nigérian et compromettrait gravement les objectifs de développement national.

Le Conseil a également indiqué que de nombreux Nigérians touchés n’ont jamais fumé ni consommé d’alcool, mais sont de plus en plus diagnostiqués avec des infections respiratoires chroniques ou aiguës, des cancers pulmonaires et autres cancers d’origine environnementale, des maladies cardiovasculaires ainsi que des affections inflammatoires systémiques.

« L’augmentation de la poussière et des particules fines liée au changement climatique a encore aggravé la situation », a ajouté le EHCON.

L’institution a identifié la dépendance non réglementée aux moteurs à combustion, la faiblesse des contrôles d’émissions dans les secteurs à haut risque, la hausse des coûts de santé et la perte de capital humain productif comme les principaux moteurs de cette crise.

Elle a enfin averti que l’absence d’une action urgente ferait peser une charge insupportable sur le système de santé nigérian et minerait les efforts de développement national.

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