Élections législatives au Bénin: l’opposition une nouvelle fois absente du Parlement
Les résultats provisoires du scrutin du 11 janvier confirment l’hégémonie des partis proches du président Patrice Talon, au détriment d’une opposition une nouvelle fois absente de l’Assemblée nationale.
Au Bénin, les élections législatives organisées le 11 janvier 2026 ont une nouvelle fois consacré la large domination des formations politiques soutenant le président Patrice Talon. Les résultats provisoires publiés par la Commission électorale nationale autonome (CENA) confirment un Parlement entièrement acquis à la majorité présidentielle.
Selon ces chiffres, le parti Union progressiste le Renouveau (UP-R) arrive en tête avec 41,15 % des suffrages, suivi du Bloc Républicain (BR), qui recueille 36,64 % des voix. Ces deux formations sont les seules à avoir franchi le seuil électoral requis dans chacune des 24 circonscriptions électorales, condition indispensable pour l’attribution des sièges.
En conséquence, l’UP-R et le Bloc Républicain se partagent l’intégralité des 109 sièges de la future Assemblée nationale. L’UP-R obtient 60 députés, tandis que le BR en décroche 49.
Malgré un score national de 16,14 %, le parti Les Démocrates, principale force de l’opposition, n’a pas atteint le seuil légal exigé dans les circonscriptions, l’excluant ainsi de toute représentation parlementaire. La FCBE, créditée de 4,86 %, et le MOELE-BÉNIN, avec 1,21 %, sont également écartés de la répartition des sièges.
Cette configuration politique rappelle celle des législatives de 2019, à l’issue desquelles le Parlement était déjà entièrement dominé par la majorité présidentielle.
Les responsables de l’opposition dénoncent un code électoral qu’ils jugent « exclusif et dangereux », estimant que l’absence de députés d’opposition affaiblit le contrôle démocratique de l’action gouvernementale. À l’inverse, le porte-parole de l’UP-R défend la légitimité du scrutin, affirmant que « ces élections traduisent clairement l’expression de la volonté populaire ».
Le taux de participation à ce scrutin s’élève à 36,7 %, un chiffre qui alimente également le débat politique.
Les résultats définitifs doivent encore être proclamés par la Cour constitutionnelle, qui confirmera la composition de la prochaine Assemblée nationale. Privé de toute représentation parlementaire, le parti Les Démocrates se voit dans l’incapacité de participer aux prochaines élections communales et de présenter un candidat à l’élection présidentielle du 12 avril.