Hépatite B: Africa CDC met fin à un projet de recherche controversé impliquant des nouveau-nés

L’étude financée par les États-Unis et portant sur la vaccination des nouveau-nés en Guinée-Bissau a été annulée pour non-respect des normes éthiques internationales, selon Africa CDC.

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Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) a confirmé l’annulation d’une étude financée par les États-Unis sur les vaccins contre l’hépatite B impliquant des nouveau-nés en Guinée-Bissau.

L’information a été rendue publique lundi par le directeur adjoint de la gestion des incidents pour la variole du singe (Mpox) à Africa CDC, le Dr Yap Boum, lors d’un webinaire d’information.

Selon lui, l’étude ne répondait pas aux normes éthiques acceptables. Il a souligné qu’Africa CDC soutient les recherches susceptibles d’éclairer les politiques de santé publique, tout en insistant sur le fait que toutes les études menées sur le continent africain doivent respecter strictement les principes éthiques reconnus au niveau international.

Le Dr Boum a expliqué que le protocole de recherche proposé soulevait de graves préoccupations, notamment la possibilité de retarder l’accès à un vaccin vital contre l’hépatite B pour certains nouveau-nés.

« Cette étude, qui aurait été financée par le Département américain de la Santé et des Services sociaux, visait à analyser le calendrier d’administration du vaccin contre l’hépatite B chez les nourrissons en Guinée-Bissau.

Cependant, des experts en santé publique et des éthiciens ont vivement critiqué ce projet, avertissant que le fait de retarder ou de refuser un vaccin dont l’efficacité est prouvée dans un contexte de forte prévalence expose les nourrissons à des risques sanitaires évitables.

L’hépatite B demeure un défi majeur de santé publique en Afrique subsaharienne, où une infection contractée dès le plus jeune âge augmente considérablement le risque de maladies chroniques du foie, de cirrhose et de cancer du foie », a-t-il insisté.

Il a également révélé qu’en raison de contraintes logistiques et d’approvisionnement, la Guinée-Bissau administre actuellement le vaccin contre l’hépatite B à l’âge de six semaines. Or, les directives sanitaires internationales recommandent une dose dès la naissance, afin de prévenir la transmission du virus de la mère à l’enfant.

Les critiques estiment que le fait de retarder un vaccin éprouvé chez les nouveau-nés africains serait contraire à l’éthique, soulevant des inquiétudes quant à l’existence de doubles standards dans la recherche mondiale en santé, aux risques potentiels pour des nourrissons vulnérables, ainsi qu’à la réputation des études financées par les États-Unis à l’étranger.

Ces critiques ont conduit à un examen approfondi du projet par les autorités sanitaires américaines et africaines, contribuant finalement à l’annulation de l’étude.

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