L’Union européenne a officiellement retiré le Nigeria de sa liste des juridictions à haut risque en matière de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, une décision qui devrait faciliter les transactions transfrontalières et renforcer la confiance des investisseurs.
La mise à jour a été publiée sur le site de la Commission européenne et fait suite au retrait du Nigeria de la «liste grise» du Groupe d’action financière (GAFI) en 2025, après une série de réformes en matière de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme.
En vertu de cette nouvelle décision, les exigences de vigilance renforcée appliquées aux transactions impliquant le Nigeria seront levées à compter du 29 janvier 2026, sous réserve de l’approbation procédurale du Parlement européen et du Conseil de l’Union européenne.
Pour expliquer cette mesure, la Commission européenne a indiqué que cette actualisation reflète les décisions prises par le GAFI lors de ses sessions plénières de juin et d’octobre 2025, au cours desquelles plusieurs pays ont été retirés de la liste des juridictions faisant l’objet d’une surveillance accrue.
«L’UE a ajouté de nouvelles juridictions de pays tiers à la liste (la Bolivie et les Îles Vierges britanniques) et en a retiré plusieurs autres (le Burkina Faso, le Mali, le Mozambique, le Nigeria, l’Afrique du Sud et la Tanzanie)», a déclaré la Commission dans un rapport publié vendredi.
Elle a rappelé que les entités couvertes par le dispositif européen de lutte contre le blanchiment sont tenues d’appliquer une vigilance renforcée lorsqu’elles traitent avec des pays figurant sur la liste à haut risque, ajoutant que le retrait du Nigeria signifie que ce niveau de contrôle ne s’appliquera plus aux transactions liées au pays au sein de l’Union une fois le règlement entré en vigueur.
Réagissant à cette évolution, la ministre d’État nigériane aux Finances, Dr Doris Uzoka-Anite, a qualifié la décision de « véritable coup de pouce » pour le pays.
Dans un message publié jeudi sur X, elle a écrit : « Big win for Nigeria! Removed from the EU’s financial ‘high-risk’. » Elle a ajouté : « Congrats to President @officialABAT on this achievement. As Minister of State for Finance, I’m proud of this boost to trade and investor confidence. »
Commentant également la décision, le ministre coordinateur de l’Économie et ministre des Finances, M. Wale Edun, a estimé que la sortie du Nigeria de la liste européenne des pays tiers à haut risque constitue «un progrès majeur pour la confiance des investisseurs».
S’exprimant jeudi à Lagos lors d’un événement, M. Edun a déclaré : «Exiting the EU high-risk list is a landmark achievement for Nigeria. It sends a clear signal to investors that Nigeria is serious about maintaining a stable, credible, and transparent business environment.»
La sortie du Nigeria de la liste à haut risque de l’UE devrait avoir des répercussions économiques et financières significatives. Les pays classés à haut risque sont généralement confrontés à des coûts de transaction plus élevés, des retards de paiement, des relations bancaires correspondantes plus strictes et une baisse des investissements étrangers.
Avec la levée des exigences de vigilance renforcée, les banques nigérianes, les exportateurs, les fintechs et les autres entreprises traitant avec des partenaires européens devraient faire face à moins d’obstacles réglementaires, ce qui pourrait améliorer les flux commerciaux, faciliter les transferts de fonds et soutenir les entrées de capitaux.
Cette décision renforce également la crédibilité du Nigeria dans ses efforts de réforme du système financier et de lutte contre les flux financiers illicites, à un moment où le gouvernement cherche à attirer les investissements étrangers et à approfondir son intégration dans les marchés financiers mondiaux.
Le Nigeria avait été retiré de la liste grise du GAFI en octobre dernier après avoir mis en œuvre des réformes visant à renforcer son cadre de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.