À Pékin, le premier ministre canadien Mark Carney salue un “nouveau partenariat” avec la Chine

En visite officielle à Pékin, le chef du gouvernement canadien affirme vouloir ouvrir une nouvelle ère de coopération pragmatique et équilibrée entre Ottawa et Beijing, malgré des relations longtemps marquées par des tensions diplomatiques.

187

Le ‍Canada et la ​Chine ont forgé à Pékin un nouveau partenariat stratégique qui devrait ⁠déboucher sur des avancées “historiques”, a salué vendredi le ​Premier ministre canadien Mark Carney.

Le Premier ministre canadien Mark Carney a annoncé vendredi 16 janvier à Pékin des accords avec la Chine sur les droits de douane réciproques et sur l’importation de véhicules électriques, au cours d’une visite saluée comme le début d’un nouveau partenariat après des années de brouille

“Le Canada et la Chine ont conclu un accord commercial préliminaire, mais historique, visant à éliminer les obstacles au commerce et à réduire les droits de douane”, a dit Mark Carney lors d’un point presse en marge de sa visite, la première d’un chef de gouvernement canadien depuis huit ans.

Graines de canola contre voitures électriques

Mark Carney a aussi annoncé que son pays autoriserait l’entrée au Canada de 49 000 véhicules électriques fabriqués en Chine, à des droits de douane préférentiels de 6,1 %, soit un retour au niveau de 2023 antérieur aux mesures de rétorsion mutuelles selon lui.

“Le Canada s’attend à ce que la Chine réduise les droits de douane sur les graines de canola canadiennes d’ici au 1er mars”, a déclaré Mark Carney devant la presse. En échange, le Premier ministre canadien a annoncé que son pays autorisera l’entrée de 49 000 véhicules électriques fabriqués en Chine, à des droits de douane préférentiels “de 6,1 %”.

“Cela représente un retour aux niveaux qui existaient avant les récentes frictions commerciales. Mais c’est un retour dans le cadre d’un accord bien plus prometteur pour les Canadiens”, a-t-il précisé. “Nous nous attendons à ce que, dans les trois prochaines années, cet accord génère des investissements chinois considérables dans le secteur automobile canadien, créant ainsi de bons emplois au Canada et accélérant notre transition vers un avenir à zéro émission nette et vers l’industrie automobile de demain.”

En parallèle, Mark Carney a annoncé que ses concitoyens pourront bientôt se rendre dans le pays asiatique sans visa. “Je suis très heureux d’annoncer que le président (chinois) Xi (Jinping) s’est engagé, lors de notre réunion d’aujourd’hui, à garantir l’accès sans visa pour les Canadiens se rendant en Chine.”

Son hôte au Palais du peuple avait parlé de “nouveau chapitre” ouvert en octobre lors de leur rencontre en marge d’un sommet Asie-Pacifique en Corée du Sud.

Ces discussions, saluées à l’époque comme un “tournant” par Mark Carney, ont ouvert la voie au réchauffement concrétisé cette semaine en Chine. Xi Jinping avait alors invité Mark Carney en Chine.

Depuis, les échanges entre les deux gouvernements pour “restaurer et relancer la coopération dans différents domaines (…) ont produit des résultats positifs”, a déclaré le président chinois. “J’en suis heureux”, a-t-il dit.

Contrer Donald Trump

Chine et Canada ont en commun de subir les effets des politiques agressives du président Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025.

Arrivé mercredi soir, Mark Carney effectue en Chine jusqu’à samedi la première visite d’un chef de gouvernement canadien depuis celle de son prédécesseur Justin Trudeau en décembre 2017. Elle a pour objectif de tourner la page de plusieurs années de fâcherie et de stimuler les échanges commerciaux.

Les rapports sino-canadiens s’étaient fortement dégradés en 2018 avec l’arrestation par les autorités canadiennes d’une responsable du géant chinois Huawei à la demande des États-Unis, suivie de l’emprisonnement de deux ressortissants canadiens en Chine, accusés d’espionnage par Pékin.

Depuis l’été 2024, Ottawa et Pékin s’affrontent sur le front commercial : surtaxes canadiennes sur les véhicules électriques et l’acier chinois, et ripostes chinoises sur des produits agricoles canadiens, dont le canola, un oléagineux utilisé pour l’alimentation et les biocarburants, dont le Canada est l’un des principaux producteurs mondiaux.

Le volume des échanges de biens entre le Canada et la Chine s’est élevé à 89,62 milliards de dollars américains en 2025, avec un excédent de plus de 6 milliards en faveur de la Chine, selon des chiffres publiés mercredi par l’État chinois. Si les exportations de la Chine vers le Canada ont augmenté de 3,2 % sur un an, ses importations de marchandises canadiennes ont diminué de 10,4 %.

Avec AFP et France 24

Comments are closed.