Nigeria–Émirats arabes unis: vers la signature d’un partenariat économique stratégique
L’accord de partenariat économique global (CEPA), attendu lors d’une rencontre bilatérale entre les présidents Bola Ahmed Tinubu et Mohamed bin Zayed, vise à sécuriser les investissements, renforcer la coopération commerciale et protéger les entreprises des deux pays.
Le Nigeria et les Émirats arabes unis (EAU) s’apprêtent à formaliser un Accord de Partenariat Économique Global (Comprehensive Economic Partnership Agreement – CEPA) lors d’une rencontre bilatérale entre le président nigérian, Bola Ahmed Tinubu, et le président des Émirats arabes unis, le cheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan. Cette rencontre est prévue en marge de la Semaine de la durabilité d’Abou Dhabi, actuellement en cours dans la capitale émiratie.
S’exprimant devant des journalistes à Abou Dhabi, le ministre nigérian des Affaires étrangères, Yusuf Tuggar, a indiqué que cet accord vise à institutionnaliser les relations économiques existantes, à renforcer la confiance des investisseurs et à garantir une protection réciproque des entreprises opérant au Nigeria et aux Émirats arabes unis.
Selon lui, le CEPA constitue l’un des principaux résultats attendus de la participation du président Tinubu au sommet sur la durabilité. De nombreux investisseurs émiratis attendent cet accord depuis longtemps, le considérant comme essentiel pour assurer la stabilité et la prévisibilité de leurs investissements au Nigeria.
« Le président Tinubu tiendra une rencontre bilatérale avec le président des Émirats arabes unis, Son Altesse Mohammed bin Zayed Al Nahyan, et l’un des points clés à l’ordre du jour sera l’accord de partenariat économique global, dont la signature est attendue à l’issue de cette rencontre », a précisé le ministre.
Au-delà de l’attraction des investissements émiratis vers le Nigeria, Yusuf Tuggar a souligné que l’accord protégera également les intérêts nigérians à l’étranger, notamment à Dubaï, où de nombreux Nigérians possèdent des entreprises et des usines.
« Cet accord protège aussi les investissements des Nigérians. Nous avons beaucoup d’entreprises nigérianes opérant à Dubaï, certaines disposant même d’unités de production. Cela renforce leur protection, valorise l’image du Nigérian et garantit le respect des Nigérians partout où ils investissent ou voyagent », a-t-il ajouté.
Le ministre des Affaires étrangères a par ailleurs décrit la Semaine de la durabilité d’Abou Dhabi comme une plateforme stratégique, située entre les grandes conférences climatiques mondiales telles que la COP, permettant aux pays participants de passer des déclarations aux actions concrètes.
« La Semaine de la durabilité d’Abou Dhabi se tient entre deux COP. Il est essentiel de concrétiser les accords conclus, sinon ces rencontres se limitent à de simples discussions », a-t-il expliqué.
Il a indiqué que la participation du Nigeria à ce forum répond à la nécessité de traduire ses engagements climatiques en projets concrets, financés et réalisables, notamment dans un contexte où le pays accuse un déficit en matière de préparation de projets.
« Cela représente une opportunité de venir avec des projets identifiés et de rechercher des financements auprès des pays et des organisations présents », a précisé Yusuf Tuggar.
Concernant les secteurs prioritaires de la coopération Nigeria–EAU, le ministre a cité le développement du gaz pour la production d’électricité comme un axe majeur. Il a rappelé que le manque d’investissements dans la transformation des importantes ressources gazières du Nigeria en énergie électrique est à l’origine des coupures de courant persistantes.
« Nous souhaitons investir davantage dans le gaz pour l’électricité. Le Nigeria dispose d’importantes réserves de gaz qu’il faut développer pour produire de l’énergie. C’est pourquoi de nombreux gazoducs sont en cours de construction et qu’un nouveau cycle d’attribution de licences est en cours », a-t-il déclaré, soulignant les nouvelles opportunités pour l’exploration et la production.
Le ministre a également mis en avant le renforcement des échanges commerciaux, notamment dans les secteurs agricole et manufacturier, ainsi que l’amélioration des cadres financier et aérien.
Il a rappelé que les difficultés rencontrées par les compagnies aériennes, notamment la question des fonds bloqués, ont été résolues après l’arrivée au pouvoir du président Tinubu, facilitant ainsi les déplacements et les transactions financières des Nigérians à l’étranger.
Évoquant l’intervention attendue du président Tinubu lors du forum, Yusuf Tuggar a indiqué que le chef de l’État présentera les priorités du Nigeria en matière de lutte contre le changement climatique, ses contributions déterminées au niveau national, ainsi que sa volonté de rendre les projets climatiques attractifs pour les bailleurs de fonds internationaux.
« Il parlera des priorités du Nigeria en termes de résultats concrets, de nos objectifs et engagements, et de la nécessité de proposer des projets viables capables de convaincre les financeurs », a-t-il conclu.
Il a enfin souligné que la participation du Nigeria à ce forum témoigne de son engagement en faveur de la durabilité, non seulement pour lutter contre le changement climatique, mais aussi pour soutenir une croissance économique et un développement à long terme.