Élections de 2027 : l’INEC affine sa stratégie et renforce son dispositif institutionnel
Détails avec Vin Oliji, Abuja
La Commission électorale nationale indépendante (INEC) a réaffirmé son engagement à organiser des élections libres, équitables, crédibles, transparentes et inclusives, alors qu’elle intensifie ses préparatifs institutionnels en vue des élections générales de 2027.
Le président de la Commission, le professeur Joash Amupitan, a déclaré que l’INEC renforce délibérément ses capacités de leadership, ses systèmes opérationnels et sa cohérence institutionnelle, en réponse aux attentes croissantes du public vis-à-vis du processus électoral.
Il a souligné que la planification précoce, la coordination stratégique et le strict respect de l’État de droit seront déterminants pour garantir la crédibilité des élections générales de 2027.
Ces déclarations ont été faites vendredi, à l’ouverture d’un séminaire d’induction et de retraite stratégique de deux jours, organisé par la Commission à l’intention du nouveau président, des commissaires nationaux et des commissaires électoraux résidents, à Lagos.
Le professeur Amupitan a indiqué que, bien que les élections générales de 2027 constituent l’objectif ultime de l’INEC, la Commission devra auparavant franchir avec succès plusieurs étapes électorales majeures.
Il s’agit notamment des élections des conseils de zone du Territoire de la capitale fédérale (FCT), prévues pour février 2026, ainsi que des élections de gouverneurs hors calendrier dans les États d’Ekiti et d’Osun.
Selon lui, ces scrutins serviront de bancs d’essai essentiels pour affiner la gestion du registre électoral, la logistique des élections et le déploiement de technologies telles que le Système bimodal d’accréditation des électeurs (BVAS).
Il a rappelé les cinq piliers non négociables qui guident le mandat de la Commission : des élections à l’abri de toute interférence, l’équité envers tous les partis politiques et candidats, la crédibilité aux yeux des Nigérians et de la communauté internationale, la transparence à toutes les étapes du processus électoral, ainsi que l’inclusivité afin qu’aucun Nigérian éligible ne soit privé de son droit de vote.
Le président de l’INEC a attiré l’attention sur la croissance rapide du nombre de jeunes électeurs votant pour la première fois à l’approche de 2027, les décrivant comme des citoyens à l’aise avec le numérique, exigeant une transparence en temps réel et peu tolérants à l’opacité.
Il a affirmé que gagner la confiance de cette tranche démographique exige des systèmes inclusifs, technologiquement solides et irréprochables, ajoutant que la crédibilité établie en 2027 se traduira par une confiance durable dans le processus démocratique nigérian.
Respect de l’État de droit
Tout en insistant sur le cadre juridique régissant les élections, le professeur Amupitan a assuré que la Commission continuera d’opérer strictement dans le respect des dispositions de la loi électorale de 2022 et de toute modification ultérieure.
Il a précisé que, sous sa direction, le respect de l’État de droit demeure fondamental dans les opérations et les prises de décision de l’INEC, avertissant que toute compromission des valeurs ou procédures établies entraînera des sanctions.
Il a expliqué que la retraite est structurée autour de 17 axes thématiques critiques, destinés à renforcer la gestion électorale.
Ceux-ci portent notamment sur la logistique et le déploiement du personnel, l’enregistrement continu des électeurs (CVR) et la revalidation, la sécurité électorale et la collaboration interinstitutionnelle, la régulation des partis politiques, la démocratie interne des partis et la transparence du financement des campagnes, la gestion des résultats électoraux, ainsi que la formation du personnel électoral.
Le professeur Amupitan a ajouté que cette rencontre vise également à familiariser les nouveaux membres de la Commission et les commissaires électoraux résidents avec le cadre institutionnel de l’INEC, sa structure administrative, ses mécanismes de communication et ses normes éthiques.
Les participants sont par ailleurs initiés au cadre juridique des élections, aux amendements électoraux, ainsi qu’aux calendriers et procédures des tribunaux électoraux.
Selon lui, la retraite offre aussi l’occasion aux responsables expérimentés au niveau des États de partager les enseignements tirés des élections hors calendrier, des élections partielles et d’autres activités électorales.
Ces retours d’expérience, a-t-il précisé, permettront d’améliorer l’intégrité du registre électoral, la logistique des élections, la formation du personnel et le système de gestion des résultats électoraux, en amont des élections générales de 2027.
Réaffirmant son engagement en faveur du bien-être du personnel, le président de l’INEC a assuré que, si l’excellence sera exigée, la Commission continuera de fournir les outils et l’environnement nécessaires à une performance optimale.
Il a exhorté la direction de la Commission à briser les cloisonnements institutionnels, à promouvoir une communication ouverte et à faire front commun pour restaurer et préserver la confiance du public dans le processus électoral.
Planification et coordination précoces
Plus tôt, le commissaire électoral résident (REC) de l’État de Lagos, le professeur Ayobami Salami, a souhaité la bienvenue aux participants, qualifiant la retraite d’étape majeure dans l’évolution institutionnelle continue de la Commission.
Le professeur Salami a indiqué que cette rencontre constitue une plateforme de réflexion, d’alignement stratégique et de consolidation institutionnelle, à un moment où les attentes du public vis-à-vis du processus électoral n’ont jamais été aussi élevées.
Il a souligné que la planification précoce, la coordination et la cohésion institutionnelle sont indispensables à mesure que la Commission progresse vers les élections générales de 2027.
Il a ajouté qu’au-delà du renforcement des compétences techniques, la retraite favorise les échanges entre pairs, la cohésion du leadership et la fertilisation croisée des idées, contribuant ainsi à faire de l’INEC une institution de gestion électorale unifiée et efficace.
Le REC de Lagos a enfin félicité le nouveau président, les commissaires nationaux et les commissaires électoraux résidents récemment nommés, invitant tous les participants à s’impliquer pleinement dans les travaux et à contribuer activement aux discussions visant à bâtir un système électoral digne de confiance et conforme aux aspirations démocratiques du Nigeria.