La Zambie renonce à la prolongation de son prêt avec le FMI
Le gouvernement zambien renonce à prolonger son accord de financement avec le FMI, à quelques mois des élections générales, dans un contexte économique toujours fragile malgré des perspectives jugées encourageantes à moyen terme.
La Zambie a officiellement décidé de ne pas prolonger son programme de financement avec le Fonds monétaire international (FMI), mettant ainsi fin à toute perspective d’extension du prêt actuellement en vigueur, qui arrive à échéance à la fin du mois. L’institution financière internationale a confirmé que les autorités zambiennes avaient renoncé à leur demande initiale de prolongation, sans fournir d’explications publiques sur les motifs de ce revirement.
Dans un premier temps, le gouvernement de Lusaka avait sollicité une extension d’un an du mécanisme de crédit élargi, un dispositif destiné à accompagner les pays confrontés à de graves déséquilibres macroéconomiques. Cette prolongation aurait permis à la Zambie de bénéficier d’un financement additionnel estimé à environ 145 millions de dollars. Toutefois, les autorités ont finalement informé le FMI de leur décision de ne pas donner suite à cette option, laissant planer des interrogations sur les considérations économiques et politiques ayant motivé ce choix.
Mis en place en 2022, le programme du FMI avait pour objectif principal d’aider la Zambie à restaurer la soutenabilité de sa dette, après le défaut de paiement survenu en 2020, l’un des plus importants enregistrés sur le continent africain à cette période. Le pays faisait alors face à une dette publique jugée insoutenable, à une forte pression sur ses finances publiques et à une perte de confiance des investisseurs internationaux. La sixième et dernière revue de cet accord reste néanmoins à examiner par le conseil d’administration du FMI, une étape attendue d’ici la fin du mois de janvier.
Cette décision intervient dans un contexte politique et économique sensible. Le président Hakainde Hichilema se prépare à des élections générales prévues au mois d’août, alors que la situation économique demeure fragile. Le pays continue de subir une inflation à deux chiffres, qui pèse sur le pouvoir d’achat des ménages, tandis que les réformes exigées dans le cadre du programme du FMI ont parfois suscité des critiques sur le plan social.
Malgré ces défis, le gouvernement zambien affiche un certain optimisme pour l’avenir. Les autorités tablent sur une amélioration progressive des finances publiques à partir de 2026, avec une réduction significative du déficit budgétaire et une reprise plus vigoureuse de la croissance économique. Celle-ci est attendue au-delà de 6 %, après plusieurs années marquées par un long processus de restructuration de la dette et par les conséquences d’une grave sécheresse ayant affecté les secteurs clés de l’économie.