Réformes monétaires au Nigeria : la CBN de Cardoso amorce un tournant durable

Après plusieurs années de déséquilibres structurels, la Banque centrale du Nigeria enregistre des résultats tangibles grâce à des réformes axées sur la discipline, la transparence et la crédibilité institutionnelle.

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Ces dernières années, la Banque centrale du Nigeria (CBN) a engagé une phase de réformes décisives, marquée par une réorientation des politiques, un resserrement institutionnel et un engagement renouvelé en faveur de la stabilité macroéconomique. Initialement conçues pour corriger de profondes distorsions structurelles dans les systèmes monétaire et de change du pays, ces réformes commencent désormais à produire des résultats mesurables.

Sous la direction du gouverneur Olayemi Cardoso, la CBN s’est progressivement éloignée d’une gestion monétaire fondée sur des interventions discrétionnaires massives, pour adopter un cadre basé sur des règles claires, la transparence et le renforcement de la crédibilité. L’institution a recentré son action sur son mandat fondamental, à savoir la stabilité des prix et la solidité du système financier, en mettant fin à certaines pratiques qui brouillaient la frontière entre politique monétaire et soutien budgétaire.

Cette réorientation est particulièrement visible sur le marché des changes, où les réformes visant la convergence des taux et une plus grande transparence ont permis de réduire les opportunités d’arbitrage et d’améliorer la formation des prix. Au cours des deux dernières années, ces mesures ont contribué à renforcer la liquidité du marché, à réduire l’écart entre les taux officiels et parallèles, et à restaurer progressivement la confiance des investisseurs.

Le naira s’est ainsi globalement échangé dans une fourchette comprise entre 1 420 et 1 450 nairas pour un dollar américain, tandis que les réserves extérieures brutes ont dépassé les 45 milliards de dollars, leur niveau le plus élevé depuis 2019.

Sur le front de l’inflation, la Banque centrale maintient une politique monétaire restrictive, marquée par des hausses des taux directeurs et un renforcement des instruments de gestion de la liquidité. Bien que l’inflation demeure élevée, les tendances mensuelles indiquent un ralentissement progressif, signe que le resserrement monétaire commence à produire ses effets, malgré la persistance de pressions structurelles et liées à l’offre.

Le secteur bancaire a également bénéficié d’un encadrement réglementaire renforcé. Des exigences de conformité plus strictes, une meilleure gestion des risques et des mesures de recapitalisation contribuent à bâtir un système bancaire plus résilient, capable d’absorber les chocs et de soutenir le financement du développement à long terme du Nigeria.

Sur le plan institutionnel, les réformes destinées à améliorer la gouvernance et la transparence ont permis de restaurer la crédibilité de la politique monétaire, d’améliorer la communication de la CBN et de renforcer l’efficacité de la transmission des décisions monétaires à l’économie réelle.

En perspective, le gouverneur Cardoso a défini une feuille de route pour 2026 articulée autour de quatre piliers : la stabilité des prix, la résilience du système financier, la crédibilité institutionnelle et le soutien à une croissance inclusive. Conscient que la politique monétaire ne peut, à elle seule, garantir la stabilisation économique, l’institut d’émission entend renforcer la coordination avec les autorités budgétaires.

Les priorités de la CBN incluent également l’approfondissement de l’inclusion financière, le renforcement de l’écosystème des paiements et l’exploitation accrue des technologies financières afin d’améliorer l’efficacité et la transparence du système financier.

À l’approche de 2026, les réformes menées sous Olayemi Cardoso traduisent la volonté d’une banque centrale déterminée à rétablir la confiance, à imposer la discipline et à poser les bases d’une reprise économique durable au Nigeria.

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