La Cour sénégalaise autorise l’opposant Sonko à se présenter à l’élection présidentielle

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Un juge sénégalais de Dakar a ordonné la réinscription d’Ousmane Sonko sur les listes électorales, relançant ainsi la candidature de l’opposant emprisonné à l’élection présidentielle de février 2024.

L’un des avocats de M. Sonko, Me Bamba Cissé, a déclaré qu'”il s’agissait avant tout de respecter le droit de vote. Le peuple sénégalais veut voter pour un candidat de son choix et choisir librement son président”.

Ousmane Sonko a été radié des listes électorales après avoir été condamné en juin à deux ans de prison pour corruption morale d’un jeune.

Il est au centre d’un bras de fer avec l’État qui dure depuis plus de deux ans et a déclenché plusieurs épisodes de troubles meurtriers.

En ordonnant la réintégration de M. Sonko, le juge de la capitale, Dakar, a confirmé une décision rendue en octobre par un tribunal de Ziguinchor, la ville du sud dont M. Sonko est le maire.

Le mois dernier, la plus haute juridiction de l’Afrique de l’Ouest avait désapprouvé la décision de ce tribunal régional.

Elle a néanmoins décidé que l’affaire de M. Sonko devait être renvoyée devant le tribunal de Dakar.

Sonko a maintenant jusqu’au 26 décembre pour présenter sa candidature au scrutin de février et obtenir les parrainages nécessaires.

Des partisans en liesse de Sonko, particulièrement populaire parmi les moins de 20 ans qui représentent la moitié de la population, étaient présents au tribunal jeudi et ont crié son nom après la décision.

L’un de ses avocats, Cire Cledor Ly, a déclaré que l’État pourrait interjeter appel auprès de la Cour suprême, mais que cela n’empêcherait pas l’application immédiate de la décision de jeudi.

Le code électoral est très clair. Lorsque le juge rend sa décision, celle-ci doit être immédiatement exécutée”, a-t-il déclaré.

M. Sonko, 49 ans, a été reconnu coupable par contumace, le 1er juin, de corruption morale d’un jeune et condamné à deux ans de prison.

Il a dénoncé le procès comme un complot visant à l’exclure de l’élection présidentielle.

Fin juillet, il a été arrêté sous d’autres chefs d’accusation, notamment fomentation d’insurrection, association criminelle avec un groupe terroriste et mise en danger de la sécurité de l’État.

Depuis, il fait régulièrement des grèves de la faim.

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