Infrastructure publique numérique: plan directeur pour une économie numérique durable

Article de Na'ankwat Dariem

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Depuis le début du XXIe siècle, lorsque le monde a été réveillé par le virus du millénaire, la course entre les nations pour prendre la tête de la révolution numérique a été incessante. Historiquement, le pays disposant du matériel le plus rapide et le plus performant a toujours été à la pointe de l’effort. Cependant, aujourd’hui, l’avenir ne peut être déterminé et façonné que par ceux qui possèdent les compétences numériques et les applications logicielles les plus performantes.

Les industries telles que la radiodiffusion, qui étaient autrefois axées sur le matériel, sont désormais généralement axées sur les logiciels. La nécessité d’une infrastructure physique massive cède la place à des équipements plus rationalisés, plus efficaces, plus intelligents et plus évolutifs.

Les systèmes mondiaux, tels que la gouvernance, ont suivi une trajectoire de numérisation dans le but de favoriser un écosystème plus efficace et global.

Si les structures physiques telles que les routes, les chemins de fer et les infrastructures de production d’énergie sont essentielles au fonctionnement quotidien de la société, un nouveau concept devient rapidement la réalité et ne peut être ignoré. Il s’agit de l’infrastructure publique numérique (IPN).

Dans le monde d’aujourd’hui, ce concept d’IPN est aussi réel que l’infrastructure physique. Cependant, l’IPN existe dans le cyberespace et s’appuie sur une infrastructure physique minimale. Essentiellement, l’IPN est la base sur laquelle les activités et la transformation numériques sont construites.

À la suite de la déclaration des dirigeants du G20 en 2023, l’IPN a été identifiée comme une percée clé qui donne l’élan nécessaire pour changer de cap et atteindre les objectifs de développement durable d’ici à 2030, sur l’ensemble des 17 cibles des ODD.

Dans cette optique, le gouvernement nigérian suit un plan de développement à long terme visant à exploiter les capacités technologiques numériques pour diversifier l’économie et réduire la dépendance à l’égard des recettes tirées des hydrocarbures, avec des stratégies sectorielles et des feuilles de route conçues pour stimuler l’infrastructure des TIC.

Le rôle du gouvernement nigérian et des chefs d’entreprise ne peut être surestimé dans le cadre de la transformation numérique. Les investissements et la formulation de politiques visant à améliorer l’infrastructure numérique, à promouvoir la culture numérique, à favoriser une culture de l’innovation et à encourager le développement des compétences numériques des citoyens sont les éléments nécessaires à la construction et au maintien d’une économie numérique.

Contrairement à la plupart des secteurs de l’économie nigériane, les TIC ont connu une forte croissance pendant la pandémie du covid-19. La demande de services publics continus n’a fait qu’augmenter, nécessitant un transfert des méthodes traditionnelles vers des plateformes plus innovantes. Cette évolution s’est manifestée dans les domaines de l’éducation, du commerce, de l’emploi, de la vente au détail et des services de santé.

Bien que la société ait dépassé l’ère de la pandémie, des enseignements positifs ont été tirés, car les prestataires de services publics et privés sont désormais désireux de tirer parti de l’écosystème numérique découvert en tant que catalyseur de l’approfondissement de la transformation numérique.

Les parties prenantes du secteur des technologies de l’information et de la communication sont préoccupées par les questions susceptibles d’entraver la croissance et l’efficacité prévues de l’économie numérique et demandent au gouvernement de prêter attention à l’infrastructure des TIC, car cela se reflétera sur le développement socio-économique et technologique d’une économie numérique.

Le Nigéria est déjà sur la voie du développement et de l’exploitation de ce fait avec la mise à niveau de Galaxy Backbone Ltd, l’agence focale du Nigéria pour le développement de l’infrastructure numérique et les services partagés, domiciliée au ministère des communications, de l’innovation et de l’économie numérique. Cette agence gère les opérations informatiques du gouvernement fédéral du Nigéria tout en aidant les ministères, les départements et les agences à devenir entièrement numérisés. Aujourd’hui, Galaxy Backbone a étendu ses services aux entreprises et institutions privées. L’objectif est de maximiser le potentiel d’une économie nigériane entièrement numérisée.

Dans ce contexte, des politiques réglementaires efficaces sont nécessaires pour guider et orienter l’industrie numérique afin d’en maximiser les gains et les avantages. C’est là que la Commission nigériane des communications (NCC) devient stratégiquement pertinente.

L’administration du président Bola Tinubu s’est engagée à améliorer les réalisations de l’administration précédente de l’ancien président Muhammadu Buhari en promouvant la croissance de l’économie numérique pour la prospérité partagée de tous les Nigérians en tant que moyen de création de richesses.

Pour les Nigérians, une infrastructure publique numérique efficace permet d’améliorer la prestation de services, d’accroître les possibilités de réduction des coûts et de gestion du temps, et de rationaliser les processus d’accès aux services gouvernementaux et autres.

Le numéro d’identité national (NIN) est un exemple d’infrastructure publique numérique intégrée qui s’est avérée inestimable.

Le NIN joue un rôle essentiel dans les activités et la base de données de divers prestataires de services tels que le service d’immigration nigérian, le secteur bancaire, qui comprend également le numéro de vérification bancaire (BVN), le service fédéral de sécurité routière (FRSC), entre autres.

Cette IPN est l’épine dorsale de la vérification de l’identité numérique, de l’échange de données et des transactions en ligne.

Récemment, le ministre des communications, de l’innovation et de l’économie numérique, M. Bosun Tijani, a dévoilé un plan à cinq piliers qui met en évidence les projets du ministère concernant le pouvoir de transformation de la technologie numérique et de l’innovation en vue de renforcer l’économie du pays.

Toutefois, pour y parvenir, certaines mesures doivent être prises et des investissements réalisés. Le plus important d’entre eux est la mise en place de 95 000 kilomètres de câbles de fibre optique à travers le pays et la mise en place d’une infrastructure publique numérique complète, qui sera soutenue par l’introduction du concept 1gov.ng qui fournit un accès aux services gouvernementaux numériques rationalisés en une seule plateforme.

Les services postaux nigérians deviendront un moteur de premier plan pour les services numériques afin de renforcer la transformation numérique, tout en augmentant l’utilisation de la capacité du satellite de communication nigérian NIGCOMSAT pour répondre aux besoins des clients locaux et internationaux.

Pendant que de plus en plus de Nigérians s’engagent dans la voie de la transformation numérique, le gouvernement doit adopter une approche holistique des investissements dans ce domaine en renforçant les capacités numériques pour maintenir les avantages de l’IPN.

Des plans à long terme pour absorber le nombre croissant de clients et de services disponibles sur les plateformes numériques doivent être envisagés pour une gestion future accélérée des succès dans le secteur des télécommunications.

En outre, l’infrastructure physique doit être modernisée pour s’adapter à l’évolution des technologies, tandis que les talents et les compétences numériques doivent être cultivés et perfectionnés.

D’autres questions doivent être examinées, telles que l’inclusion et les campagnes de sensibilisation dans les zones rurales et mal desservies. À cela s’ajoute la nécessité d’établir une feuille de route pour la continuité et la stabilité.

Cela permettra au Nigéria et aux Nigérians de se positionner sur le bon pied pour profiter et maintenir les avantages que la transformation numérique promet pour le développement accéléré de la nation la plus peuplée et de la plus grande économie d’Afrique.

 

Article de Na’ankwat Dariem; Traduction de Mourtada Nanzif Adékounlé

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