Le Nigeria présente ses mesures de sécurité alimentaire au Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires

Article de Cyril Okonkwo

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Récemment, des dirigeants mondiaux, des agriculteurs, des nutritionnistes et des experts en matière d’alimentation et de nutrition se sont réunis à Rome, en Italie, pour le Sommet de l’alimentation de l’ONU +2, qui s’est tenu au siège de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Le Sommet a été organisé par le Secrétariat des Nations Unies en collaboration avec la FAO et le Fonds international de développement agricole (FIDA).

Le sommet a passé en revue les réalisations accomplies depuis le premier Sommet de l’alimentation des Nations Unies qui a eu lieu en 2021. Il a été l’occasion pour les pays de présenter leurs systèmes alimentaires, les défis auxquels ils sont confrontés pour nourrir leur population, les efforts déployés pour transformer leur situation en sécurité alimentaire, le financement et les données pertinentes pour mesurer les systèmes alimentaires ainsi que pour combler les lacunes qui existent en matière d’alimentation dans les couches sociales. La distribution, le transport, le stockage, la commercialisation et l’accès aux marchés sont d’autres questions qui ont été soulevées lors du sommet pour la transformation des systèmes alimentaires.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guteress, a félicité les pays participants pour leur engagement à s’attaquer aux défis de la faim et de la malnutrition. Il a appelé à un financement accru de systèmes alimentaires plus sains, équitables et durables, soulignant la nécessité pour chaque personne, dans chaque communauté et chaque pays, d’avoir accès aux aliments sains et nutritifs dont elle a besoin et qu’elle mérite.

Il a exhorté les gouvernements à répondre à l’appel en faveur d’une relance des Objectifs du Millénaire de Développement afin d’augmenter d’au moins 500 milliards de dollars par an le financement à long terme abordable pour tous les pays qui en ont besoin. Il a déclaré qu’une telle intervention aiderait les pays à faire des progrès significatifs dans la réalisation de l’Objectif de Développement Durable n° 2, qui consiste à éliminer la faim, et à mettre en place des systèmes garantissant l’accès des populations à une alimentation abordable et nutritive, où qu’elles vivent.

Le Premier ministre italien, Giorgio Meloni, a décrit l’insécurité alimentaire comme l’un des principaux défis auxquels le monde est confronté depuis la pandémie de COVID-19, qui a ébranlé les fondements du commerce international et de la mobilité et mis en évidence les faiblesses profondes des chaînes d’approvisionnement mondiales et de la mondialisation.

Elle a souligné qu’alors que le monde s’efforçait de surmonter l’impact de la pandémie et de reconstruire les flux commerciaux mondiaux, la guerre de la Russie en Ukraine a perturbé les prix mondiaux de l’énergie et a contribué à déclencher des vagues d’inflation dans le monde entier aux dépens des nations les plus vulnérables, en particulier dans le Sud de la planète.

Le vice-président Kashim Shetima, en tant que chef de la délégation nigériane, a révélé au sommet que le Nigéria avait pris des mesures pour transformer les systèmes alimentaires du pays grâce à un investissement d’environ 521 millions de nairas dans la transformation des systèmes alimentaires pour une sécurité alimentaire plus performante, plus saine, plus durable et plus équitable.

Il a assuré les participants au sommet que l’administration du président Bola Tinubu avait pour objectif d’éradiquer la faim au Nigéria en garantissant la sécurité alimentaire et la nutrition.

D’autres mesures prises par le Nigéria pour assurer la sécurité alimentaire consistent à fournir un revenu décent aux agriculteurs, à catalyser l’augmentation des rendements et de la croissance économique et à assurer la stabilité de l’environnement.

Qualifiant le FIDA de “faiseur de magie”, le vice-président nigérian a noté que le partenariat avec le FIDA avait permis au pays de mettre en œuvre le programme de développement de la chaîne de valeur qui a permis à 100 000 petits exploitants agricoles de sortir de la pauvreté.

Le programme de développement des chaînes de valeur (VCDP) et les zones agricoles spéciales (SAPZ) du Nigéria, que le vice-président Shettima a présentés lors de la réunion de haut niveau, représentent un modèle unique et concret de mobilisation d’investissements transformateurs pour développer les systèmes alimentaires du pays. Le VCDP se concentre sur le soutien des chaînes de valeur pour les petits agriculteurs tout en s’attaquant aux contraintes le long des chaînes de valeur.

Un autre domaine d’intérêt est le projet du gouvernement nigérian de réactiver les autorités de développement des bassins fluviaux afin d’améliorer la production alimentaire et de soutenir les moyens de subsistance des Nigérians. Les autorités de développement des bassins fluviaux sont des agences gouvernementales créées dans les années 1970 pour développer les ressources en eau afin de stimuler la production agricole, ce qui contribuera grandement à la transformation du système alimentaire du pays en tirant parti de l’agro-industrie, en créant des emplois dans le secteur et en développant la chaîne de valeur agricole.

Le Nigéria a également renouvelé son engagement en faveur de l’alimentation et de la nutrition depuis la conférence sur la nutrition de 2022, l’enquête nationale sur l’alimentation et les apports en micronutriments et les systèmes alimentaires nationaux.

Le gouvernement nigérian, en partenariat avec les systèmes des Nations unies, devrait garantir la sécurité alimentaire de sa population, mais ce qui est nécessaire, c’est la mise en œuvre des interventions convenues par les partenaires pour soutenir l’Afrique.

La récente déclaration d’urgence nationale sur la sécurité alimentaire par le gouvernement nigérian est un pas dans la bonne direction et doit être saluée. Cette décision découle de la détermination du gouvernement à freiner l’inflation et à rendre les denrées alimentaires plus abordables pour les pauvres.

On s’attend à ce que davantage d’investissements soient réalisés dans la chaîne de valeur alimentaire et à ce que soit créé l’environnement propice à la paix et à la reprise des activités agricoles dans les pays déchirés par la guerre, afin d’accélérer la production et la transformation des denrées alimentaires dans le monde entier.

 

Article de Cyril Okonkwo. Traduction de Mourtada Nanzif Adékounlé

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