Poutine promet de continuer “soigneusement” son offensive en Ukraine

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À Moscou, Vladimir Poutine prononce un discours à la Nation très attendu sur l’invasion de l’Ukraine par la Russie, au lendemain de la visite surprise du président américain à Kiev. Suivez heure par heure les derniers développements du conflit.

Le président russe Vladimir Poutine prononce un discours pour informer les élites politique et militaire du pays de l’avancée de ce que le Kremlin qualifie d'”opération militaire spéciale” en Ukraine, alors que de nombreux Russes sont désireux de connaître les plans de Moscou pour l’année.

Lors de son allocution, le président russe a longuement fustigé la “russophobie” des pays occidentaux qui sont responsables, selon lui, de l’escalade en Ukraine.

Dans le sud-est de l’Ukraine, Zaporijstal, l’une des plus grandes usines de métallurgie du pays, tente de tenir le cap malgré la guerre. Le site en partie détenu par le groupe Metinvest, dont faisait partie l’usine aujourd’hui détruite d’Azovstal de Marioupol, a été fermé pendant 33 jours au début de la guerre, une première depuis la Seconde Guerre mondiale.

L’ONG Human Rights Watch (HRW) a accusé l’armée russe de “crime de guerre” dans l’attaque au missile de la gare de Kramatorsk, dans l’est de l’Ukraine, qui avait tué en avril 2022 une soixantaine de civils cherchant à fuir la région.

“Les preuves indiquent clairement que le missile qui a tué et blessé des civils à la gare de Kramatorsk a été lancé depuis le territoire contrôlé par la Russie dans l’est de l’Ukraine. Cette attaque constitue une violation des lois de la guerre et un crime de guerre apparent”, écrit HRW dans cette enquête, réalisée avec l’agence d’investigations visuelles SITU Research.

L’ONG ajoute avoir identifié comme “lieu possible de lancement de l’attaque” le village de Kounié, dans la région de Kharkiv, alors sous contrôle russe.

À Varsovie et Moscou, Joe Biden et Vladimir Poutine s’apprêtent à prononcer des discours en forme de duel, promettant deux points de vue radicalement opposés sur l’invasion de l’Ukraine par la Russie, au lendemain de la visite surprise du président américain à Kiev.

Depuis le château royal de Varsovie, Joe “fera clairement savoir que les États-Unis continueront à soutenir l’Ukraine (…) aussi longtemps qu’il le faudra”, selon le porte-parole du Conseil national de sécurité, John Kirby, qui s’est adressé aux journalistes la semaine dernière.

Joe Biden doit rencontrer à Varsovie le président Andrzej Duda et d’autres dirigeants polonais, qui comptent parmi les principaux soutiens européens de l’Ukraine. Il rencontrera mercredi les dirigeants du groupe des “Neuf de Bucarest”, issus de l’ancien bloc communiste ayant rejoint l’Otan, que sont la Roumanie, la Bulgarie, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la République tchèque, la Roumanie et la Slovaquie.

Il doit aussi s’entretenir par téléphone avec les dirigeants du Royaume-Uni, de la France et de l’Italie, a indiqué la Maison Blanche. Le chancelier allemand Olaf Scholz est pour sa part attendu à Washington le 3 mars.

À Moscou, Vladimir Poutine doit prononcer lui aussi mardi un grand discours annuel devant l’élite politique russe, selon le Kremlin. Il s’agira de son premier discours depuis le début de son opération militaire, selon l’agence de presse russe Ria Novosti.

La Chine est “très inquiète” du conflit en Ukraine, qui “s’intensifie et devient même hors de contrôle”, appelant à “promouvoir le dialogue”, a déclaré mardi le ministre chinois des Affaires étrangères Qin Gang. “Nous continuerons à promouvoir le dialogue de paix (…) et travailler avec la communauté internationale pour promouvoir le dialogue et la consultation, répondre aux inquiétudes de toutes les parties et chercher la sécurité commune”, a-t-il ajouté lors d’une conférence à Pékin.

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a annoncé lundi qu’il avait ordonné la formation d’une nouvelle troupe de défense nationale composée de volontaires afin que tout le monde sache “manier des armes” et soit prêt à répondre à un éventuel acte d’agression et à maintenir l’ordre public en temps de paix.

“La situation n’est pas simple. Je l’ai dit plus d’une fois : chaque homme – et pas seulement les hommes – doit être en mesure de manier au moins des armes”, a dit le dirigeant lors d’une réunion de son Conseil de sécurité. “Cela pour protéger au moins sa famille, si nécessaire, sa maison, son morceau de terrain, et, si nécessaire, son pays”, a-t-il poursuivi.

Alors qu’il a autorisé Moscou, allié de Minsk, à se servir de la Biélorussie comme base arrière pour envoyer des soldats russes en Ukraine l’an dernier, Alexandre Loukachenko a régulièrement assuré que son armée combattrait seulement si le pays était attaqué. Il a toutefois dit aussi que l'”expérience” de l’Ukraine rendait nécessaire de disposer d’effectifs de défense supplémentaires.

Le ministre de la Défense, Viktor Khrenine, a indiqué que la force territoriale de défense serait composée de 100 000 à 150 000 volontaires, voire plus si besoin. Le but est, idéalement, que chaque village ou ville dispose de troupes paramilitaires. D’après des données officielles, l’armée biélorusse comptait l’an dernier quelque 48 000 soldats et environ 12 000 officiers frontaliers.

 

Avec AFP et Reuters

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