Libye : les principaux États arabes boycottent la réunion de la Ligue arabe

0 68

Une poignée de hauts diplomates arabes se sont réunis dimanche dans la capitale libyenne lors d’une rencontre boycottée par les puissants ministres des Affaires étrangères qui ont fait valoir que le mandat du gouvernement basé à Tripoli a pris fin.

Cinq des 22 États membres de la Ligue arabe ont envoyé leurs ministres des affaires étrangères à cette réunion périodique et consultative.

Parmi eux se trouvaient les diplomates en chef de l’Algérie et de la Tunisie voisines, selon le rapport.

D’autres pays ont envoyé leurs émissaires à la réunion de Tripoli. Parmi ceux qui ont boycotté la réunion figure l’Égypte, qui a mis en doute la légitimité du gouvernement du Premier ministre Abdel Hamid Dbeibah après que le Parlement libyen, basé dans l’est du pays, a nommé un Premier ministre rival l’année dernière.

Les ministres des affaires étrangères des monarchies du Golfe, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, n’étaient pas non plus présents, de même que le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul-Gheit.

Najla Mangoush, ministre des affaires étrangères du gouvernement libyen basé à Tripoli, a déclaré dans des commentaires télévisés qu’ils “insistent sur le plein exercice des droits de la Libye” au sein de la Ligue arabe, en référence à la présidence tournante de l’organisation panarabe.

En septembre, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Shoukry, s’est retiré d’une session de la Ligue arabe présidée par Mme Mangoush, pour protester contre le fait qu’elle représentait la Libye au sommet panarabe.

Avant la réunion de dimanche, les autorités de la capitale libyenne ont accordé un jour de congé aux fonctionnaires et ont fermé les principales routes autour de l’aéroport de Mitiga, le seul aéroport fonctionnel de la capitale, et d’un hôtel de luxe où se déroulait la réunion.

Le Premier ministre Fathy Bashagha, qui préside un gouvernement rival dans l’est du pays, a qualifié la réunion de “farce” orchestrée par l’administration de Dbeibah pour affirmer qu’elle est le gouvernement libyen internationalement reconnu.

Il a salué ceux qui ont boycotté la réunion et a appelé l’Algérie et la Tunisie à reconsidérer leur position.

L’impasse politique actuelle en Libye résulte de l’échec des élections de décembre 2021 et du refus de M. Dbeibah de quitter le pouvoir.

En réaction, le Parlement libyen, basé dans l’est du pays, a nommé M. Bashagha, qui cherche depuis des mois à installer son gouvernement à Tripoli.

L’impasse prolongée entre les deux gouvernements a conduit à des affrontements à Tripoli l’année dernière, risquant de ramener la guerre civile dans ce pays riche en pétrole après des mois de calme relatif.

La nation nord-africaine a plongé dans le chaos après qu’un soulèvement soutenu par l’OTAN a renversé et tué le dictateur de longue date Moammar Kadhafi en 2011.

La Libye a été pratiquement dirigée par un ensemble de milices rivales et de groupes armés à l’est et à l’ouest.

Leave A Reply

Your email address will not be published.