Brésil : Lula limoge le chef de l’armée à la veille de son premier voyage à l’étranger

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Deux semaines après les émeutes à Brasilia, le président Lula a limogé, samedi, le chef de l’armée de terre. Une décision qui survient à la veille du départ du chef d’État pour l’Argentine, premier voyage à l’étranger depuis son élection.

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a limogé le chef de l’armée de terre, Julio César de Arruda, samedi 21 janvier, deux semaines après les attaques contre des centres du pouvoir à Brasilia et juste avant son premier voyage à l’étranger, dimanche, en Argentine.

Des sources au sein des forces armées ont confirmé auprès de l’AFP l’éviction de Julio César de Arruda, qui dirigeait l’armée de terre par intérim depuis le 30 décembre, deux jours avant la fin du mandat du président d’extrême droite Jair Bolsonaro. Il y avait été confirmé début janvier par la nouvelle administration de Lula.

Il sera remplacé par le commandant militaire du sud-est, Tomas Ribeiro Paiva, selon GloboNews. Celui-ci avait affirmé dans un discours public, mercredi, que l’armée continuerait “à garantir la démocratie” et qu’il fallait “respecter le résultat des urnes”, selon une vidéo publiée par le site d’informations G1.

Vendredi, Lula avait rencontré pour la première fois les trois chefs des armées. Aucun ne s’était exprimé au sortir de cette réunion, mais le ministre de la Défense, José Mucio, avait assuré qu’il n’y avait pas eu d'”implication directe” de l’armée dans les émeutes à Brasilia.

Lula avait reçu le soutien entier de la communauté internationale après l’assaut et le saccage, le 8 janvier, des lieux de pouvoir à Brasilia par des bolsonaristes refusant la défaite et le remplacement de leur champion.

Renouer les liens avec l’Amérique latine

Dimanche, Lula se rend en Argentine, conformément à la tradition qui veut que la première sortie d’un président brésilien soit réservée à son grand voisin.

Lula y retrouvera un fidèle allié et ami, le président Alberto Fernandez, mais aussi ses homologues d’une région où la gauche est revenue au pouvoir, en participant à un sommet de la Communauté d’États latino-américains et caraïbes (Celac).

“Le Brésil est de retour !” avait lancé Lula au soir de sa victoire le 30 octobre face à Jair Bolsonaro, dont les quatre années de mandat ont été marquées par un grand isolement international.

L’Amérique latine est donc la première étape de cette normalisation, avant la venue du premier dirigeant européen à Brasilia, le chancelier allemand Olaf Scholz, le 30 janvier, puis une visite de Lula au président américain Joe Biden, à Washington, le 10 février.

La priorité de Lula est de “renouer les liens avec l’Amérique latine, une région essentielle pour le Brésil mais reléguée au second plan” par Jair Bolsonaro, explique à l’AFP Joao Daniel Almeida, spécialiste des relations extérieures à l’Université pontificale de Rio.

Lula s’entretiendra avec Alberto Fernandez, lundi, à Buenos Aires. Le dirigeant de centre gauche était allé à Sao Paulo féliciter chaleureusement son “ami” dès le soir de sa victoire.

L’Argentine est “un partenaire très important” du Brésil, a souligné le vice-président de Lula, Geraldo Alckmin. C’est le troisième client des exportations brésiliennes, qui ont dépassé les 15 milliards de dollars l’an dernier.

Les discussions devraient notamment porter sur le commerce, les sciences, la technologie et la défense, a précisé le ministère brésilien des Affaires étrangères.

“Vague rose”

Lula pourrait également rencontrer, mardi, à Buenos Aires, ses homologues cubain Miguel Diaz-Canel et vénézuélien Nicolas Maduro, avec lequel Brasilia vient de renouer. Le Brésil de Jair Bolsonaro avait fait partie de la cinquantaine de pays ayant reconnu le principal opposant du président socialiste, Juan Guaido, comme “président intérimaire” du Venezuela.

Lula doit ensuite se rendre en Uruguay pour une rencontre avec le président de centre-droit Luis Lacalle Pou.

À Buenos Aires, il participera au VIIe sommet de la Communauté d’États latino-américains et caraïbes (Celac), qui regroupe 33 États de la région. Lula avait été à la fin du dernier de ses deux mandats (2003-2010) l’un des fondateurs de cet organisme, lors de la première “vague rose” sur le continent.

Jair Bolsonaro avait suspendu la participation du Brésil à la Celac, accusée de “donner de l’importance à des régimes non-démocratiques comme le Venezuela, Cuba ou le Nicaragua”.

De même, il n’avait pas fréquenté l’Argentine, la Bolivie, le Chili et la Colombie où la gauche était arrivée au pouvoir. “Une vision idéologique réductrice”, a jugé le ministre des Affaires étrangères de Lula, Mauro Vieira.

Lula a aussi exprimé, cette semaine, son intérêt pour “une politique continentale” de préservation de l’Amazonie, un dossier sur lequel il est attendu de pied ferme après la déforestation record de l’ère Bolsonaro.

 

Avec AFP

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