Journée internationale visant à mettre un terme à l’impunité des crimes contre les journalistes

Article de Gbemiga Bamidele

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Le 2 novembre de chaque année est marqué comme étant la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes contre les journalistes. Cette journée a été instituée par la résolution A/RES/68/163 de l’Assemblée générale des Nations unies, qui appelle tous les États membres à prendre des mesures concrètes pour combattre la culture de l’impunité à l’encontre des journalistes dans leurs pays respectifs. Le thème de cette année est “Maintenir la vérité en vie : Protéger les journalistes, protéger la vérité”.

La date de novembre a été choisie en commémoration de l’assassinat de Claude Verlon et Ghislaire Dupont, deux journalistes français de Radio France International, qui ont été enlevés dans la ville de Kidal au Mali après avoir terminé d’interviewer un leader politique local le 2 novembre 2013.

L’impunité contre les journalistes est un problème depuis des années, comme l’indique un rapport de l’UNESCO qui montre qu’au cours de la dernière décennie, un journaliste est tué en moyenne tous les quatre jours. L’année 2019 a connu le plus faible nombre de décès enregistré au cours de la dernière décennie, avec 15 morts. Le plus grand nombre d’attaques mortelles a eu lieu dans la région de l’Amérique latine et des Caraïbes, représentant 40% du total des meurtres enregistrés dans le monde. Cette région a été suivie par la région Asie et Pacifique, avec 26 % des meurtres. La plupart de ces journalistes ont été tués dans des pays sans conflit armé.

Selon les Nations unies, entre 2004 et 2014, plus de 700 journalistes ont été assassinés à travers le monde. Un nombre alarmant de ces décès étaient soit des meurtres non résolus, soit le résultat de tirs dans des combats croisés. Seule une fraction limitée d’entre eux ont fait l’objet de condamnations pénales.

Au Nigeria, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) indique que 24 journalistes et travailleurs des médias ont été tués entre 1992 et 2022, tous dans l’exercice de leurs fonctions.

Depuis 2013, la commémoration de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes contre les journalistes offre une occasion unique de sensibiliser et de promouvoir des discussions productives entre tous les acteurs impliqués dans la lutte contre ces crimes.

Les journalistes, en tant que professionnels et membres du quatrième pouvoir du royaume, jouent un rôle important dans la réalisation et la concrétisation de la bonne gouvernance dans toute nation. Ils ont le devoir de demander des comptes aux dirigeants politiques, afin d’ouvrir la voie à une démocratie virile, viable et durable. Ils appartiennent à cette branche du gouvernement qui n’est pas officiellement reconnue par la plupart des constitutions nationales, mais qui joue un rôle très important dans le succès ou l’échec des gouvernements. Heureusement, le Nigeria fait partie de certains pays qui ont inscrit dans leur constitution la responsabilité de rendre le gouvernement responsable devant le peuple.

Les journalistes sont le chien de garde de la société et le défenseur le plus visible du droit à la libre expression. Ils jouent un rôle essentiel dans la promotion d’une société fondée sur la discussion ouverte des faits et la recherche de la vérité, par opposition à une société fondée sur la rumeur et les préjugés, en particulier à l’ère des nouveaux médias et du journalisme citoyen. Cependant, toutes les nations ne souscrivent pas à la liberté d’expression ; dans certains pays, la pratique du journalisme est considérée comme très dangereuse.

En ce jour, l’Initiatives de la Société pour l’amélioration du journalisme enjoint les gouvernements à tous les niveaux de protéger les journalistes et de leur garantir un environnement favorable à l’exercice de leurs fonctions.

Les gouvernements doivent faire respecter la charte des Nations unies qui garantit la liberté d’expression et d’association en respectant les droits des journalistes à tout moment. La sécurité des journalistes dans l’exercice de leurs fonctions et dans leur rôle de quatrième pouvoir du royaume doit toujours être protégée.

De même, les agences gouvernementales doivent veiller à ce que les personnes qui commettent des crimes contre les travailleurs des médias soient traduites en justice afin d’enrayer le règne de l’impunité. L’oppression et l’impunité ne doivent être tolérées sous aucune forme dans une société démocratique.

Les citoyens doivent également comprendre le rôle délicat des médias en tant qu’arbitres du discours public, auxquels il faut faire confiance pour clarifier les objectifs de la société, car il est du devoir des citoyens de toute société de défendre la liberté d’expression et de la presse.

C’est en reconnaissance de l’importance des journalistes et de la pratique du journalisme pour une société meilleure et libérale que les Nations unies ont fait du 2 novembre de chaque année la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes contre les journalistes.

 

Article de Gbemiga Bamidele; Traduction faite par Mourtada Nanzif Adékounlé

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