Le toursime: source de devises étrangères pour le Nigéria

Article de Samuel Okocha, Lagos

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Le Nigeria va accueillir le monde entier lors de la première conférence mondiale de l’Organisation mondiale du tourisme des Nations unies (OMT) sur le tourisme, la culture et l’industrie créative, prévue pour le 14 au 16 novembre à Lagos, au Nigeria. C’est la première fois que le pays accueillera une conférence aussi prestigieuse sur le tourisme, qui ouvrira certainement de nouvelles perspectives pour l’industrie touristique nigériane.

Le tourisme est l’une des activités économiques les plus importantes au monde et un outil important pour les recettes en devises. Selon l’OMT, le tourisme est la troisième plus grande catégorie d’exportation après les carburants et les produits chimiques. En 2019, le tourisme a représenté 7 % du commerce mondial, ce qui en fait le troisième secteur d’exportation de l’économie mondiale.

Au Nigeria, les voyages et le tourisme ont contribué à hauteur de 2,8 % au PIB du pays en 2020, ce qui correspondait à 11 milliards de dollars américains. Comparativement, en 2019, la contribution des voyages et du tourisme à l’économie nigériane avait considérablement diminué en raison de la pandémie du virus Corona. En effet, la contribution du secteur au PIB s’élevait à 4,4 % en 2019 avant de chuter en 2020 en raison du blocage mondial.

Selon le rapport sur la compétitivité du secteur du voyage et du tourisme publié par le Forum économique mondial en 2017, le Nigeria occupait un faible 129e rang sur les 136 pays africains. Il était opposé au Ghana, qui se situait à la 120e place, et à l’Afrique du Sud, qui était classée 53e. Les facteurs de ce mauvais classement sont notamment la faible priorité accordée à l’industrie du tourisme, la faiblesse des infrastructures et les problèmes de sécurité. Tous ces facteurs ont entraîné une augmentation des voyages à l’étranger vers des destinations comme le Ghana et l’Afrique du Sud. Cela a entraîné une perte de revenus.

Malgré cette mauvaise note, le potentiel touristique du Nigeria ne fait aucun doute. S’il est correctement développé, il rapportera des millions de dollars de recettes étrangères au pays. Actuellement, le Nigeria compte plus de 7000 centres touristiques, dont plus de la moitié reste à explorer. La réserve de gibier de Yankari, dans l’État de Bauchi, qui a été décrite comme l’une des réserves de gibier les plus populaires d’Afrique occidentale, en dit long sur le potentiel de l’industrie touristique nigériane.

Et ce n’est pas tout ! Des sites tels que le populaire Olumo Rock dans l’État d’Ogun, au sud-ouest, le parc national du lac Kainji, dans les États du Niger et du Kwara, au nord-centre, ainsi que l’Obudu Mountain Resort, dans l’État de Cross River, dans la région du delta du Niger, font partie des sites populaires qui accueillent des dizaines de milliers de visiteurs chaque année.

En effet, grâce à son paysage géographique riche, qui comprend des plages côtières, des montagnes, des monuments historiques, des animaux sauvages, des centres de patrimoine approuvés par l’UNESCO et une culture diversifiée, le Nigeria devrait être en mesure de se tailler une place dans le tourisme mondial.

Le fait que le Nigeria ait obtenu le droit d’accueillir la Conférence mondiale sur le tourisme, la culture et l’industrie créative, prévue à Lagos en novembre de cette année, témoigne de la confiance qu’inspire l’environnement du pays pour le développement du tourisme.

En effet, le Nigeria a la capacité de générer des revenus durables qui rivaliseront avec les recettes actuelles du pétrole brut. Mais tous les niveaux de gouvernement, ainsi que les secteurs public et privé, devront travailler en synergie pour convertir le potentiel touristique du pays en revenus réels pour le pays. Il s’agira notamment de développer les installations et l’environnement commercial qui inciteront les investisseurs locaux et étrangers à participer à l’industrie du tourisme.

Selon un rapport du Conseil mondial du voyage et du tourisme, le secteur du voyage et du tourisme au Nigeria devrait créer 2,6 millions de nouveaux emplois au cours de la prochaine décennie, doublant ainsi le nombre de personnes employées dans ce secteur d’ici 2032, ce qui n’est pas surprenant compte tenu de la diversité des cultures du pays, avec des activités culturelles et des festivals différents qui attireront des millions de touristes dans le pays.

Les effets multiplicateurs d’une industrie touristique dynamique comprennent une augmentation des réservations d’hôtel, des voyages aériens et routiers, des restaurants, des recettes des sites touristiques et du commerce de détail, ainsi que des investissements et des possibilités d’emploi qui seront créés.

La situation sécuritaire du pays devra également s’améliorer de manière significative et recevoir la priorité qu’elle mérite pour que le pays puisse attirer les touristes, augmenter les recettes étrangères et générer des emplois pour la jeunesse battante du pays.

La chaîne de valeur au sein de l’industrie touristique est sans aucun doute immense, avec un grand potentiel de recettes en devises. Le pays le plus peuplé d’Afrique doit maintenant s’efforcer de faire de ce potentiel une réalité.

 

Article de Samuel Okocha/Traduction faite par Mourtada Nanzif Adékounlé

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