Turquie : une quarantaine de morts après l’explosion dans une mine

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Plus de quarante ouvriers ont été tués dans une explosion survenue vendredi dans une mine de charbon du nord de la Turquie, dans la province de Bartin, selon un nouveau bilan. Selon le président Recep Tayyip Erdogan, qui s’est déplacé sur les lieux du drame, les secours ont retrouvé samedi le corps sans vie de la dernière victime restée bloquée dans la mine.

Les secours ont mis fin à leurs recherches, samedi 15 octobre, dans la mine de charbon d’Amasra, dans le nord-ouest de la Turquie, après la découverte du corps sans vie du dernier mineur manquant, portant le bilan du coup de grisou survenu vendredi soir à 41 morts et 28 blessés.

“Notre priorité était de retrouver les mineurs dans la galerie. Nous avons finalement atteint le dernier. Il est également décédé, ce qui porte le nombre des décès à 41”, a déclaré le président turc, Recep Tayyip Erdogan, qui s’est rendu sur place en début d’après-midi samedi.

Visiblement bouleversé, les larmes au yeux, le ministre de l’Énergie Fatih Dönmez avait indiqué peu auparavant la fin imminente des opérations de secours qui “se poursuivaient pour une seule personne, dont le sort (restait) inconnu”.

Près d’une centaine de mineurs se trouvaient au fond de la galerie lorsque l’explosion, apparemment causée par un coup de grisou, est survenue vendredi vers 18 h 15 locales, juste avant la tombée de la nuit – ce qui a ralenti les recherches.

Selon le ministre de l’Intérieur, Süleyman Soylu, “58 mineurs ont pu être sauvés, par eux-mêmes ou grâce aux secours”.

“Nous avons remonté les corps de nos camarades”

Depuis la veille au soir, les proches des mineurs accidentés, dévorés d’angoisse et pour beaucoup en larmes, attendaient des nouvelles à l’entrée de la mine, a constaté un photographe de l’AFP.

Une femme en état de choc a dû être évacuée par les secours, d’autres priaient accoudés aux barrières qui enserraient la scène.

Les mineurs eux-mêmes ont participé aux secours : “Nous avons remonté les corps de nos camarades, c’est horrible pour nous”, a confié l’un d’eux, interrogé par la chaîne privée turque NTV.

Samedi matin, une épaisse fumée grise était apparue à la sortie du puits laissant supposer qu’un incendie avait éclaté dans l’une des galeries située à quelque 300 mètres sous terre. Il a finalement été contrôlé à la mi-journée, selon le ministre de l’Énergie.

“Nos premières observations indiquent qu’une partie des (mineurs) ont perdu la vie en raison de la haute pression et de la chaleur provoquée par l’explosion”, avait indiqué dans la nuit le ministre. Ce dernier a rappelé qu’il avait visité l’installation trois semaines auparavant.

Les galeries accidentées sont situées à 300 et 350 mètres en dessous du niveau de la mer. Plus de 110 mineurs s’y trouvaient au moment de l’explosion.

Le chef de l’État a pris la parole devant les mineurs sortis saufs de la mine et a annoncé une enquête exhaustive : “comment cette explosion s’est produite, et qui sont les responsables, tout ceci sera déterminé par une enquête administrative et judiciaire qui a déjà commencé” a-t-il assuré.

Il avait déjà promis sur Twitter que les “instances judiciaires enquêteront dans toutes leurs dimensions sur cet accident terrible qui nous a dévastés. Aucune négligence ne sera sans conséquence”. Une enquête pour accident a été ouverte par le parquet local.

Mais le chef de l’État a aussi incriminé le destin : “La mine d’Amasra est un établissement parmi les plus avancés (…) Mais nous sommes des gens qui croient au destin et ce genre de choses arrivera toujours, il faut le savoir”, a-t-il déclaré devant l’assemblée éplorée avant de se rendre au chevet de quelques blessés traités sur place.

L’État va “protéger les familles”, promet Erdogan 

Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis 2003 et qui sera candidat à sa succession en juin prochain, a également promis que l’État prendrait en charge et allait “protéger les familles” des victimes, dont les funérailles étaient déjà célébrées samedi dans les villages voisins, conformément à la tradition musulmane. Recep Tayyip Erdogan comptait assister à certaines d’entre elles, notamment dans le village de Makaraci, d’où venaient quatre des victimes.

“Je ne sais pas ce qui s’est passé”, a affirmé à l’agence de presse Anadolu un des premiers mineurs à avoir pu sortir indemne des galeries par ses propres moyens. “Il y a eu une pression soudaine et je n’ai pu rien voir”, a-t-il dit.

L’explosion étant survenue peu avant le coucher du soleil, les opérations de secours ont été ralenties par l’obscurité.

Selon le gouverneur local, une équipe de plus de 70 personnes est parvenue à atteindre un point du puits situé à quelque 250 mètres de profondeur. Mais le feu semble s’être déclaré plusieurs heures plus tard.

L’accident et son lourd bilan ont suscité de nombreuses réactions de solidarité, dont celle du Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, sur Twitter, qui s’est dit “attristé” par l’accident en dépit de l’extrême tension entre les deux pays.

Les présidents russe, Vladimir Poutine, et ukrainien, Volodymyr Zelensky, ont également présenté leurs condoléances, le second en turc, via Twitter, de même que le président du Conseil européen, Charles Michel..

 

Avec AFP

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