Réformes pour un déroulement effectif du processus électoral au Nigéria

TAIWO OJEDELE

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En février 2023, le Nigéria, la nation la plus peuplée d’Afrique, se rendra aux urnes pour élire un nouveau président et les membres du Parlement du pays. Suivront en mars 2023 les élections des 36 parlements étatiques et les 28 élections des gouverneurs.

La population est déjà très impatiente et excitée à l’approche des élections générales, suite à la levée de l’interdiction des campagnes politiques ouvertes depuis le 28 septembre 2022.

Les élections de 2023 au Nigeria seront organisées sur la base d’une nouvelle loi électorale, ce qui donne aux Nigérians l’assurance qu’elles seront crédibles, libres et équitables.

La démocratie étant un gouvernement du peuple par le peuple, toutes les démocraties avancées s’attellent avec sérieux à la tâche importante des réformes électorales, afin de garantir la liberté de faire des choix éclairés parmi les nombreux candidats qui se présentent pour des élections.

Les réformes électorales encouragent également une véritable concurrence politique, favorisant la responsabilisation des dirigeants, la résolution des conflits, la promotion de l’état de droit général, ainsi que la mise en place d’institutions publiques efficaces et efficientes.

La nouvelle loi électorale du Nigéria s’accompagne de nombreuses innovations et est axée sur la technologie. Elle est censée révolutionner le processus électoral dans le pays et en accroître l’intégrité.

La Commission électorale indépendante (CENI), l’arbitre électoral au Nigeria, a introduit le système d’accréditation bimodal des électeurs (BVAS), un appareil électronique conçu pour lire les cartes d’électeurs permanentes (PVC) et authentifier les électeurs – en utilisant leurs empreintes digitales – afin de prouver qu’ils sont autorisés à voter dans une unité de vote particulière.

L’usage du BVAS implique soit de scanner le code barre/QR de la carte d’électeur permanente (PVC) dans le registre des électeurs, soit de saisir les six derniers chiffres du numéro d’identité de l’électeur, soit de taper le nom de famille de l’électeur par l’assistant du président pour vérifier et authentifier l’électeur.

Selon le président de la CENI, le professeur Mahmud Yakubu, le dispositif compact a été conçu pour atteindre deux objectifs. Premièrement, la vérification de l’authenticité des PVC et l’authentification des empreintes digitales ou du visage des électeurs pendant l’accréditation. Deuxièmement, il remplacera le Z-pad pour télécharger les résultats des unités de vote sur le portail de visualisation des résultats de la CENI (IReV) en temps réel le jour du scrutin. Le BVAS fait également office de dispositif d’inscription des électeurs (IVED) de la CENI pendant l’inscription des électeurs. Son utilisation a également éliminé l’utilisation de formulaires d’incident lors de l’accréditation le jour des élections.

On peut dire que l’introduction des systèmes bimodaux de vérification et d’accréditation a considérablement augmenté la confiance de l’électorat.

Ces aspects et bien d’autres de la nouvelle loi électorale visent à garantir un processus électoral libre, équitable et crédible et à approfondir la démocratie de la nation.

Toutefois, il reste encore beaucoup à faire à long terme pour améliorer la qualité et la profondeur des élections au Nigeria. Des défis tels que l’achat de voix et l’intimidation des électeurs le jour du scrutin doivent être abordés de manière globale, car ils pourraient éroder les gains enregistrés par l’arbitre électoral dans le pays.

De même, il faut mettre en place un système électoral fonctionnel qui offre aux citoyens des alternatives politiques, leur permette de prendre des décisions éclairées, d’exprimer leurs préférences, d’accroître les connaissances politiques des citoyens, d’aiguiser le débat public et de pousser les candidats en lice à rendre compte de leurs idées et de leur bilan personnel. Le libre échange d’idées et d’informations à travers les campagnes des partis politiques, les médias et les groupes au sein des organisations de la société civile doit également être encouragé pour une société plus égalitaire.

En outre, il convient d’appliquer la législation existante sur le financement des campagnes électorales, qui vise à réglementer le financement des partis politiques, l’interdiction d’utiliser les ressources de l’État à des fins politiques, personnelles ou de campagne, ainsi que la réglementation et l’application stricte de l’octroi d’un temps d’antenne et d’un espace médiatique égaux à tous les partis politiques et candidats.

Les élites politiques ont également un rôle central à jouer dans le processus de réforme électorale en prenant leurs distances par rapport aux comportements répréhensibles et à la méfiance mutuelle entre les politiciens et les partis.

Intrinsèquement, des mesures doivent être prises pour favoriser le développement d’une culture politique plus favorable aux normes et pratiques démocratiques, à l’équité, à la justice, à la responsabilité et à la transparence, afin d’approfondir et de soutenir la démocratie nigériane à l’avenir.

 

Article Taiwo Ojedele/ Traduction faite par Mourtada Nanzif Adékounlé

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