Iran : les manifestations essaiment contre la mort de Mahsa Amini, plusieurs morts

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Les protestations se multiplient en Iran pour la cinquième nuit consécutive. Les manifestants continuaient, mercredi, de dénoncer la mort de Masha Amini, arrêtée par la police des mœurs une semaine auparavant. Dans la province iranienne du Kurdistan, au moins trois personnes ont été tuées durant ces manifestations et un “assistant policier” a succombé à ses blessures à Shiraz.

La tension continue de monter en Iran. Les manifestations se sont étendues dans le pays pour la cinquième nuit consécutive contre le décès brutal d’une jeune femme arrêtée par la police des mœurs chargée de faire respecter le port du voile obligatoire pour les femmes, a rapporté, mercredi 21 septembre, l’agence officielle Irna.

Des manifestants sont sortis dans les rues d’une quinzaine de villes, bloquant la circulation, incendiant des poubelles et des véhicules de police, lançant des pierres sur les forces de sécurité et scandant des slogans hostiles au pouvoir. La police a utilisé des gaz lacrymogènes et procédé à des arrestations pour disperser la foule, a précisé l’agence.

Des hommes et des femmes, dont beaucoup avaient ôté leur foulard, se sont rassemblés à Téhéran et dans d’autres grandes villes du pays, notamment à Mashhad (nord-est), Tabriz (nord-ouest), Rasht (nord), Ispahan (centre) et Kish (sud), ajoute l’agence.

Pour empêcher la tenue de nouveaux rassemblements mercredi, les autorités ont prévenu d’une restriction d’accès à Internet. Le réseau pourrait être perturbé pour des “raisons de sécurité”, a ainsi déclaré le ministre des Communications cité par l’agence de presse semi-officielle Isna.

Plusieurs manifestants tués

La veille, les premières victimes sont tombées. Trois personnes ont été tuées dans la province iranienne du Kurdistan (nord-ouest) pendant ces manifestations, a affirmé le gouverneur du Kurdistan, Ismail Zarei Koosha, sans préciser de date. Il a qualifié ces morts de “suspectes, faisant partie d’un complot fomenté par l’ennemi”. Il a aussi affirmé que l’une des victimes avait été tuée par un type d’arme non utilisé par les forces iraniennes.

L’agence de presse Irna rapporte mercredi, quant à elle, que quatre policiers iraniens ont été blessés et un “assistant de police” a succombé à ses blessures mardi dans la ville de Shiraz : “Mardi soir, certaines personnes ont affronté des agents de police et, en conséquence, l’un des assistants de police a été tué. Dans cet incident, quatre autres policiers ont été blessés à Shiraz”. Quinze manifestants ont été arrêtés à Shiraz mardi, selon un responsable cité par Irna.

Le représentant du guide suprême chez la famille de Mahsa Amini

Face à la colère provoquée par cette mort, le représentant du guide suprême Ali Khamenei au Kurdistan, Abdolreza Pourzahabi, s’est rendu lundi au domicile familial de Mahsa Amini, selon l’agence Tasnim.

L’émissaire a déclaré à la famille que “des mesures [seraient] prises” et que l’ayatollah Khamenei était “peiné” par ce décès. “Comme je l’ai promis à la famille Amini, je suivrai le dossier jusqu’au bout”, a-t-il dit.

En marge de l’assemblée générale de l’ONU à New York, le président français Emmanuel Macron a déclaré, après un entretien avec le président iranien Ebrahim Raïssi, avoir “insisté sur le respect des droits des femmes” en Iran.

La police des mœurs dans la tourmente

Mahsa Amini, âgée de 22 ans, et originaire de la région du Kurdistan, a été arrêtée le 13 septembre à Téhéran, où elle était en visite avec sa famille, pour “port de vêtements inappropriés” par la police des mœurs, une unité chargée de faire respecter le code vestimentaire strict de la République islamique d’Iran pour les femmes.

La mort de la jeune femme a aussi provoqué des critiques de hauts responsables iraniens contre la police des mœurs, connue officiellement sous le nom de Gasht-e Ershad, ou “patrouille d’orientation”.

Plus radical, un parlementaire a annoncé son intention de proposer la suppression complète de cette force.

“Je crois qu’en raison de l’inefficacité du Gasht-e Ershad à faire comprendre la culture du hijab, cette unité devrait être supprimée, afin que les enfants de ce pays n’aient pas peur quand ils croisent cette force”, a déclaré Moeenoddin Saeedi.

 

Avec AFP

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