Présidentielle 2023 : les politiciens nigérians avertis contre les pétitions futiles

Propos recueillis par Salihu Ali, Abuja

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L’agence anti-corruption du pays, baptisé Independent Corrupt Practices and Other Related Offences Commission (ICPC), prévient les politiciens contre l’envoi de pétitions frivoles contre leurs adversaires politiques.

Le président de l’ICPC, le professeur Bolaji Owasanoye, a émis cet avertissement alors qu’il recevait les dirigeants du Conseil consultatif interpartis, IPAC, dirigé par son président, M. Yabagi Sani, au siège de la Commission à Abuja.

Le professeur Owasanoye a précisé que certains politiciens ont tendance à armer les agences de lutte contre la corruption avec des pétitions à motivation politique pour surpasser leurs adversaires, avertissant que “de tels mouvements ne fonctionneront pas avec l’ICPC”.

Ses propres mots : “Habituellement, lorsque la saison de la compétition arrive, il y a un pic de pétitions à motivation politique pour des poursuites sauvages. Certains sont assez effrontés pour vous dire que nous devrions empêcher M. “A” de concourir” et ils déposent une pétition. Ce n’est pas notre travail, et nous ne nous impliquerons pas dans ce genre de choses. Nous mettons ce type de pétitions de côté. Même s’il y a une implication de mérite dans la plainte, nous dirons “allez-y et concourez d’abord”. Nous ne serons pas utilisés pour vous donner un avantage juste ou injuste. Lorsque la compétition sera terminée, nous déciderons du bien-fondé ou non de ce que vous avez présenté.”

Le professeur Owasanoye a cependant noté que l’ICPC a un accord existant avec la Commission électorale nationale indépendante (CENI) sur la manière de procéder à de véritables pétitions électorales lorsque le besoin s’en fait sentir.

Il a déclaré : “Nous avons un accord avec la CENI pour que, dans les cas où les candidats s’affrontent au tribunal et que la décision indique que quelqu’un a falsifié un certificat, par exemple, la CENI nous envoie ces documents, et nous en poursuivons quelques-uns en ce moment. Ce sont les moyens par lesquels nous ajouterons de la valeur sans nous compromettre ou exposer nos agents aux compromis et au désespoir des politiciens pendant la compétition.”

Le patron de l’ICPC a également mis au défi les partis politiques de procéder à une auto-vérification des candidats qu’ils présentent, car la fortune d’une nation dépend du type de dirigeants qu’elle obtient, en disant que “le processus d’élagage devrait commencer par les partis politiques afin que “la charité commence à la maison”.

Par ailleurs, le président de l’IPAC, M. Yabagi Sani, a évoqué que le motif de la visite était une collaboration efficace et le soutien de l’agence anti-corruption pour s’assurer que les politiciens aux caractères douteux ne soient pas élus.

Il a ajouté : “Les activités qui conduiront à l’émergence d’un gouvernement qui présidera aux affaires de cette nation sont quelque chose que toutes les parties prenantes doivent accepter pour avoir des élections libres, équitables et crédibles en 2023.”

M. Sani a finalement : “La politique, c’est la gestion des crises et nous pensons que si nous parvenons à bien recruter les dirigeants, ce qui découlera de la diligence raisonnable que nous sommes censés exercer, ils (les titulaires de fonctions politiques) se conduiront de manière à donner à ce pays le genre de respect que nous sommes censés montrer aux yeux du comité des nations, c’est-à-dire en veillant à ce que la gouvernance soit exempte de toute forme de corruption.”

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