Le G7 veut mobiliser 600 milliards de dollars sur cinq ans, notamment pour l’Afrique

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Les dirigeants des pays du G7 sont réunis depuis dimanche dans les montagnes du sud de l’Allemagne pour un sommet de trois jours, au chevet d’un monde en crise, de la guerre en Ukraine à la sécurité alimentaire. Ils se sont engagés à lever 600 milliards de dollars de fonds privés et publics sur cinq ans pour financer des infrastructures dans les pays en développement et répondre aux projets portés par la Chine.

Les dirigeants des États-Unis, de l’Allemagne, de la France, de la Grande-Bretagne, de l’Italie, du Canada et du Japon ont entamé des discussions, lundi 26 juin, visant à renforcer leur soutien à l’Ukraine, à l’occasion de leur sommet annuel en Allemagne. Réunis pour trois jours au Schloss Elmau, un hôtel de luxe situé dans les montagnes bavaroises, les sept dirigeants se sont attelés sans tarder aux priorités de ce sommet qui se tient jusqu’à mardi dans un contexte de crises multiples : guerre en Ukraine, menaces sur la sécurité alimentaire et énergétique, urgence climatique.

Soucieux d’envoyer un signal fort de soutien à Kiev, le président américain Joe Biden et le Premier ministre britannique Boris Johnson ont annoncé un embargo sur les importations d’or russe, avant même que la décision ne soit formalisée par l’ensemble du G7.

Cette interdiction, qui porte sur l’or nouvellement extrait en Russie – sans viser celui déjà vendu –, frappera “directement les oligarques russes et s’attaquera au cœur de la machine de guerre de Poutine”, a assuré Boris Johnson.

Appel à l’unité

Les Occidentaux ont déjà pris plusieurs volets de sanctions contre la Russie dont la guerre contre l’Ukraine est entrée dans son cinquième mois. Mais le gouvernement ukrainien en réclame davantage, après des frappes russes sur Kiev dimanche matin, un acte de “barbarie” dénoncé par Joe Biden.

Face au risque de “fatigue” du camp occidental, évoqué par Boris Johnson, le président américain a lancé un nouvel appel à l’unité du G7 et de l’Otan face à Moscou. Vladimir Poutine espérait que “d’une manière ou d’une autre, l’Otan et le G7 se divisent. Mais nous ne l’avons pas fait et nous ne le ferons pas”, a assuré Joe Biden.

Hôte du sommet, le chancelier allemand Olaf Scholz a également loué l’unité des alliés, à laquelle “Poutine ne s’attendait pas”. Les dirigeants ne se sont pas privés, lors d’un échange informel capté par les caméras, de tourner en dérision le président russe et sa pose torse nu lors d’une séance photo en 2009.

Alors que les troupes russes progressent dans le Donbass, le président ukrainien Volodymyr Zelensky interviendra lundi en visioconférence. Il s’agit d’un “moment critique pour l’évolution du conflit”, ont souligné Boris Johnson et le président français Emmanuel Macron, selon un porte-parole du gouvernement britannique. Tous deux pensent qu’il est “possible de renverser le cours de la guerre”,  selon Downing Street.

Tenir tête à la Russie et faire face à la Chine

Le Premier ministre britannique a toutefois mis en garde contre toute tentation d’une solution négociée “maintenant” en Ukraine au risque de prolonger “l’instabilité mondiale”.

Le conflit et ses répercussions vont occuper une grande part des discussions avec de premiers entretiens consacrés aux turbulences économiques mondiales.

Joe Biden entend aussi démontrer à ses alliés que tenir tête à la Russie et faire face à la Chine sont des objectifs complémentaires, et non opposés. Le G7 veut notamment contrer la Chine et ses “nouvelles routes de la soie” en investissant dans les infrastructures des pays défavorisés en Afrique, en Asie ou encore en Amérique latine.

À l’initiative des États-Unis, les dirigeants ont annoncé leur intention de mobiliser 600 milliards de dollars d’ici 2027, montant censé répondre aux immenses chantiers financés par la Chine mais aux contours encore flous.

 

Avec AFP

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