La Tanzanie accuse des Kényans d’entraver la relocalisation des Massaï

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Le gouvernement tanzanien a annoncé mercredi lancer une opération contre les “immigrants illégaux” à Loliondo, dans le nord du pays, soupçonnant des Massaï kényans de traverser la frontière pour aider la communauté locale opposée à la création d’une zone naturelle protégée.

Les bergers Massaï de Loliondo s’opposent aux autorités tanzaniennes, qu’ils accusent de vouloir les expulser d’une partie de leur zone d’habitat historique pour en faire une zone réservée aux safaris et à des chasses privées.

Le gouvernement dément et affirme simplement vouloir protéger de l’activité humaine 1 500 km2 sur les 4 000 km2 de cette région située entre la frontière avec le Kenya, le parc du Serengeti et la réserve naturelle de Ngorongoro. La pose de “balises” délimitant ces 1 500 km2 a donné lieu à des heurts le 10 juin, causant la mort d’un policier.

“Suivant les directives du ministre de l’Intérieur, nous allons mener une opération spéciale pendant dix jours contre les immigrants illégaux autour de Loliondo et dans le district de Ngorongoro dans son ensemble”, a déclaré mercredi la commissaire générale à l’Immigration, Anna Makakala.

Le ministre de l’Intérieur Hamad Masauni avait demandé la semaine dernière des mesures sévères pour freiner “l’afflux d’immigrants illégaux, dont la plupart ont conduit leurs troupeaux (…) dans la zone protégée de Loliondo”.

La communauté Massaï vit à cheval sur le Kenya et la Tanzanie et le gouvernement soupçonne des Kényans de venir prêter main forte aux opposants au projet gouvernemental.

Quelque 20 Massaï ont été inculpés après la mort d’un policier dans les heurts du 10 juin, qui ont également fait 30 blessés parmi les opposants après des tirs à balles réelles des forces de sécurité, selon des experts de l’ONU.

L’opération de balisage est terminée, ont annoncé mercredi le ministre du Tourisme, Pindi Chana, et le préfet pour la région d’Arusha, John Mongella. Militants locaux et ONG de protection des droits de l’homme dénoncent les opérations du gouvernement à Loliondo.

Amnesty International les a qualifiées d’“expulsion forcée illégale”“choquante à la fois par son ampleur et sa brutalité”. Les opposants ont saisi la Cour de Justice d’Afrique de l’Est, qui a annoncé que son jugement attendu mercredi était reporté à une date ultérieure “en raison de circonstances inévitables”, sans plus de précision.

En 2009, des milliers de familles Massaï ont été déplacées de Loliondo pour permettre à une société de safari émiratie, Ortelo Business Corporation, d’y organiser des expéditions de chasse. Le gouvernement a annulé cet accord en 2017, après des accusations de corruption.

 

Avec Africanews

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