Mali: attaque contre la MINUSMA à Kidal faisant état de 20 civils et un casque bleu

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Des hommes armés ont attaqué ce samedi, tuant 20 civils près de la ville de Gao, dans le nord du Mali où la situation sécuritaire se détériore. Un Casque bleu du contingent guinéen de la Minusma a de son côté été tué dimanche dans l’explosion d’une mine à Kidal.

Le nord du Mali est de nouveau pris dans la spirale de la violence. Des hommes armés ont tué au moins 20 civils samedi 18 juin près de la ville de Gao et un Casque bleu est mort dimanche 19 juin à Kidal, dans le nord de ce pays sahélien où la situation sécuritaire se détériore.

Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres dans un communiqué ”condamne fermement l’attaque à l’engin explosif improvisé ce dimanche 19 juin 2022 à Kidal contre un convoi de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), alors qu’il menait une opération de recherche et de détection de mines.”

Aucune autre source n’a confirmé que les jihadistes étaient les auteurs des attaques. Mais dans cette immense région sahélienne, les attaques des jihadistes affiliés au groupe État islamique au grand Sahara (EIGS) sont de plus en plus fréquentes et leur champ d’action s’élargit.

Les maigres informations remontant de cette zone reculée et difficilement accessible font état de centaines de civils tués et de milliers de déplacés ces derniers mois dans les régions de Ménaka, près de la frontière avec le Niger, et de Gao, plus à l’ouest.

Dans la déclaration du chef de l’institution onusienne, il a été précisé : ” l’attaque a coûté la vie à un Casque bleu guinéen. Il a présenté ses profondes condoléances à la famille de la victime et à ses frères d’armes, ainsi qu’au peuple et aux autorités de la Guinée.

”Le Secrétaire général rappelle que les attaques visant les Casques bleus peuvent constituer des crimes de guerre au regard du droit international et que leurs auteurs sont passibles de poursuites. Il exhorte les autorités maliennes à déployer tous les efforts possibles afin d’identifier et de traduire rapidement en justice les auteurs de cette attaque.

Le Secrétaire général réaffirme la solidarité des Nations Unies avec le peuple et les autorités du Mali dans leur poursuite de la paix et de la sécurité ” 

“Menace terroriste”

L’élu de la région de Gao a décrit dimanche à l’AFP “une situation très préoccupante dans la commune d’Anchawadj” avec de nombreux civils fuyant les exactions “des jihadistes” dans les villages voisins. “Une bonne partie de la région de Gao et de celle de Ménaka” est “occupée par des jihadistes”, a-t-il poursuivi. “L’État doit faire quelque chose.”

Cette région est le théâtre de violences depuis le début du conflit en 2012, quand des groupes armés rebelles s’étaient levés contre Bamako. Ceux-ci ont signé en 2015 un accord de paix avec le Mali, qui peine toujours à être appliqué.

Outre ces groupes armés, des mouvements jihadistes – affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique – opèrent dans la zone, combattant contre les symboles de l’État, ceux qu’ils accusent de le soutenir, ainsi qu’entre eux pour le contrôle des territoires. Des trafiquants et autres bandits sont également présents dans cette région désertique où l’État est presque inexistant.

La situation sécuritaire s’est récemment “fortement détériorée” dans la région de Gao et de celle de Ménaka, a indiqué dans son dernier rapport le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. La “menace terroriste continue de (s’y) étendre”, a-t-il déploré, s’inquiétant de “l’absence d’une présence soutenue des forces de sécurité et de l’administration publique dans ces zones”.

Sont basés à Gao des militaires maliens, des Casques bleus de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma, 13 000 soldats) ainsi que des soldats français de l’opération Barkhane. Ces derniers, qui ont entamé un retrait progressif du Mali au début de l’année, doivent définitivement quitter la base de Gao, dernière enclave où ils sont encore présents au Mali, “à la fin de l’été”, selon l’état-major français.

La Minusma à nouveau endeuillée

Dimanche dans la matinée, un Casque bleu guinéen a été tué dans l’explosion d’une mine à Kidal, plus au nord, alors qu’il participait à une patrouille de sécurité dans une opération de recherche et de détection de mines, selon la Minusma.

Ce nouveau décès intervient dans un contexte tendu de négociations sur le renouvellement du mandat de la Minusma, la mission de maintien de la paix de l’ONU ayant subi le plus de pertes humaines.

Depuis sa création en 2013, 175 de ses Casques bleus sont morts dans des actes hostiles.

 

Avec un.org/AFP

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