En Turquie, des femmes manifestent avant l’ouverture du procès d’une ONG féministe

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Des centaines de femmes ont manifesté, mercredi matin, devant un tribunal d’Istanbul alors que s’ouvre un procès menaçant de dissolution l’une des principales associations de défense des droits des femmes. La plateforme tient notamment le compte et publie régulièrement des rapports sur les féminicides en Turquie.

Des centaines de femmes se sont rassemblées, mercredi 1er juin, devant un tribunal d’Istanbul avant l’ouverture d’un procès qui menace de dissolution l’une des principales et des plus actives associations de défense des droits des femmes, a constaté une journaliste de l’AFP.

“Tu ne seras jamais seule !”, “Nous allons mettre fin aux féminicides !”, ont lancé les manifestantes en agitant des bannières violettes, la couleur du mouvement féministe.

Un procureur d’Istanbul a décidé en avril de poursuivre la plateforme “We Will Stop Feminicide” et de demander sa dissolution pour “activités contre la loi et la morale”. La première audience du procès s’ouvre mercredi matin.

“Une attaque envers la lutte des femmes pour leurs droits”

Nursel Inal, une des responsables de la plateforme, a dénoncé un procès politique.

“Il y a un mouvement de femmes très organisé en Turquie et nous pensons que ce procès est une attaque envers la lutte des femmes pour leurs droits”, a-t-elle déclaré à l’AFP devant le tribunal.

À l’origine du procès, des plaintes déposées par des particuliers qui reprochent aux membres de l’association de “détruire la famille au prétexte de défense des droits des femmes”.

La plateforme tient notamment le compte et publie régulièrement des rapports sur les meurtres de femmes.

L’association a aussi organisé plusieurs manifestations pour le maintien de la Turquie dans la Convention d’Istanbul, un traité international établissant le cadre légal et institutionnel de la lutte contre les violences sexistes, dont le pays s’est retiré en 2021.

L’association a dénombré 423 féminicides en Turquie en 2021

Le gouvernement turc a justifié sa décision d’abandonner le traité en lui reprochant d’encourager l’homosexualité et de menacer la structure familiale traditionnelle.

Selon la plateforme, 160 femmes ont été tuées dans les six premiers mois de 2022 en Turquie, dont la majorité par des membres de leur famille.

Le décompte des victimes de féminicides l’an dernier s’est élevé à 423.

“Nous sommes sous la pression du gouvernement parce que nous rendons visible chaque féminicide, en publiant un par un les noms des femmes tuées”, estime Nursel Inal. “Nos rapports contredisent le gouvernement qui prétend que le nombre de féminicides est en baisse”.

Avec AFP

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