À l’issue d’un nouveau duel de titans, Rafael Nadal a triomphé mardi de Novak Djokovic en quarts de finale du tournoi de Roland-Garros. Malgré un corps en souffrance et une concurrence féroce, l’Espagnol, à l’aube de ses 36 ans, a toujours de l’appétit. Même s’il a bien conscience que son aventure tennistique approche de sa fin.

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Le 59e opus Novak Djokovic-Rafael Nadal, classique depuis 2006 et affiche la plus récurrente de l’histoire du tennis, a tenu toutes ses promesses. Commencé mardi 31 mai sur le court Philippe-Chatrier à 21 heures, ce quart de finale du tournoi de Roland-Garros 2022 s’est achevé à 1 h 16 mercredi 1er juin sur la victoire de l’Espagnol.

Si le Serbe avait renversé son adversaire en demi-finale ici l’année dernière, après un duel déjà homérique, “Rafa” a remis les pendules à l’heure cette fois. Le numéro un mondial, vaincu, n’a pas tari d’éloges à propos de son bourreau de la nuit.

“Il a démontré pourquoi il était un immense champion. Rester fort mentalement et terminer le match comme il l’a fait… Mes félicitations à lui et son équipe. Il mérite sans aucun doute cette victoire”, a applaudi Novak Djokovic.

Rafael Nadal a livré une performance éblouissante, alors que le Majorquin doit encore une fois composer avec un physique défaillant. “C’est une nuit inoubliable. Je doutais du fait d’être capable de jouer au niveau dont j’avais besoin pour avoir vraiment une chance”, a confié le vainqueur nocturne, lui-même “surpris” par son niveau de jeu retrouvé comme par enchantement.

Souvent touché, toujours de retour

Depuis 2005, année où il remporta son premier tournoi de Roland-Garros, l’actuel numéro cinq mondial souffre du syndrome de Müller-Weiss au pied gauche, une nécrose de l’os scaphoïde qui le fait beaucoup souffrir.

L’été dernier, cette maladie dégénérative qui provoque des douleurs chroniques l’avait poussé à déclarer forfait pour Wimbledon, les Jeux olympiques et l’US Open et à mettre un terme prématuré à sa saison 2021. “J’ai encore besoin de temps pour récupérer, il faut que je change quelque chose peut-être. Je veux comprendre l’évolution de cette blessure qui m’a freiné dans ma carrière toutes ces années”, expliquait alors le gaucher.

Son pied gauche, encore bien douloureux ces dernières semaines, s’ajoute aux nombreuses autres blessures accumulées depuis ses débuts professionnels, il y a 20 ans. Genoux, dos, tendinites, abdominaux… Rafael Nadal est un habitué des kinés, des médecins et des chirurgiens. Jouer au tennis en souffrant est devenu une habitude pour lui.

Plus d’une fois, on l’a donné perdu pour le tennis, victime de son propre jeu mêlant puissance et engagement total. Et pourtant, cette année encore, le “Taureau de Manacor” résiste et ressuscite, toujours prêt à déjouer les pronostics les plus pessimistes.

“Je ne sais pas ce qui peut arriver”

Déjà en janvier, Rafael Nadal avait livré un récital pour renverser le Russe Daniil Medvedev et remporter l’Open d’Australie, malgré plusieurs mois loin des courts. Rattrapé par une fracture de fatigue à une côte et son pied gauche au printemps, l’Espagnol paraissait un cran en-dessous de Novak Djokovic et de son compatriote Carlos Alcaraz avant d’aborder Roland-Garros.

Le Serbe et le jeune phénomène espagnol ont pourtant pris la porte dès les quarts de finale. Tandis que le maître des lieux, treize fois titré porte d’Auteuil, s’apprête lui à disputer sa demi-finale vendredi 3 juin, le jour de ses 36 ans. Le champion olympique allemand Alexander Zverev, 25 ans, l’attend pour une nouvelle rencontre au sommet. Mais Rafael Nadal a bien préparé tout le monde : ce sera peut-être sa dernière apparition sur la terre battue parisienne.

C’est le paradoxe d’un champion formidable, auteur d’un coup d’éclat mais conscient d’être au crépuscule de sa carrière. Deux jours avant de défier Novak Djokovic, l’homme aux 21 titres du Grand Chelem évoquait déjà ses possibles adieux à Roland-Garros. Son discours n’a pas changé après sa victoire épique :

“Je suis assez vieux pour ne pas cacher des choses. Je ne sais pas ce qui peut arriver après ici. J’ai ce que j’ai au pied. Si on n’est pas capable de trouver une solution, ça va devenir super difficile pour moi. C’est tout. Je profite juste de chaque jour où j’ai la chance d’être là, sans trop penser à ce qui peut arriver dans le futur. Bien sûr, je vais continuer à me battre pour trouver une solution. Mais pour le moment, on n’en a pas. Les trois derniers mois et demi n’ont pas été faciles pour moi, c’est la seule chose que je peux dire.”

Rafael Nadal n’est pas éternel. Les années passent et le physique flanche de plus en plus. Mais même diminué, le plus grand joueur de l’histoire sur terre battue reste exceptionnel. Novak Djokovic peut en attester. Et que personne ne s’y trompe : blessé ou pas, le boss vise une 14e coupe des Mousquetaires le 5 juin. “L’objectif est de me maintenir au niveau de jeu que j’ai produit (face à Novak Djokovic)”, a prévenu “Rafa”. Alexander Zverev sait à quoi s’en tenir.

Avec France 24

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