Les évêques catholiques appellent à une nouvelle approche du développement de l’Afrique

Propos recueillis par Adoba Echono, Abuja

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Les évêques catholiques africains ont appelé à des initiatives qui aideraient les gouvernements du monde entier à travailler pour tous et à éviter de mettre en œuvre des mesures qui isolent davantage les pauvres et les personnes vulnérables dans la société.

Cet appel a été contenu dans un communiqué de presse à l’issue de la Commission Justice et Paix du Symposium des Conférences Episcopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM).

Les délégués aux réunions de printemps 2022 du Fonds monétaire international, FMI, et du Groupe de la Banque mondiale, l’organisme régional des évêques catholiques en Afrique ont été invités à ne pas simplement discuter de l’économie mondiale en termes de ce qu’elle produit, mais comment elle touche et promeut la vie, protège la dignité humaine et sauvegarde l’intégrité de la création.

Selon le communiqué de presse, les évêques ont affirmé : “Nous souhaitons amplifier la voix du pape François dans la défense de la dignité humaine et nous réitérons ses paroles en faveur d’une économie qui donne la vie plutôt qu’une économie qui tue.

“Alors que nous travaillons à la reprise, nous ne le faisons pas dans le but de revenir à un modèle de vie économique et sociale inégalitaire et non durable, où une infime minorité de la population mondiale possède la moitié des richesses alors que des millions de personnes se vautrent dans la pauvreté. Nous devons développer des systèmes sociaux et économiques justes qui favorisent la distribution des richesses et guider l’humanité pour qu’elle soit inclusive de toutes les personnes et élimine l’inégalité économique de la société.”

Tout en reconnaissant que le COVID-19 a touché tout le monde et montré à quel point l’humanité est interconnectée, les évêques catholiques africains ont également observé que la pandémie a révélé un monde profondément divisé et manifestement inégalitaire.

“Dans une région qui abrite les deux tiers des personnes extrêmement pauvres du monde, en raison de l’impact économique sévère du COVID-19, 40 millions d’Africains supplémentaires sont tombés dans l’extrême pauvreté, n’ayant pas accès aux biens et services de base comme la santé, l’éducation, la nourriture, l’eau, etc”, la déclaration a révélé

Le SCEAM a déploré que l’Afrique reste la région la moins vaccinée au monde, ce qui expose les Africains à de nouvelles poussées du virus corona et à des perturbations économiques, et prolonge la crise.

“Les progrès vers les objectifs de développement durable des Nations unies et la réalisation de l’Agenda 2063 de l’Union africaine sont menacés.”

Vulnérable au changement climatique
L’Afrique est également le continent le plus vulnérable au changement climatique, dont les effets sont visibles dans la perte de terres arables et d’eau, l’incidence plus élevée des catastrophes naturelles et les déplacements forcés.

“Ce sont les effets d’une économie non durable qui spolie la création, indique le document. Citant le pontife catholique, le pape François, “nous ne sommes pas confrontés à deux crises distinctes, l’une environnementale et l’autre sociale, mais plutôt à une crise complexe qui est à la fois sociale et environnementale”.

La déclaration note que face à la COVID-19, la dette en tant que proportion de la taille de l’économie africaine a augmenté de 60% à 70% dans le scénario inverse où les demandes de dépenses ont augmenté alors que les revenus ont inversement chuté.

Les évêques ont réitéré l’appel du Président du SCEAM, Son Éminence le Cardinal Phillippe Ouédraogo, qui, dans son message du Nouvel An 2022, aspirait “à une bonne reprise économique de notre continent, libéré des dettes qui l’ont étranglé”.

Les évêques ont appelé les ministres des finances du G20 et les autres dirigeants mondiaux réunis à l’occasion des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale à mettre en place des plans viables pour que l’Afrique sorte de la crise avec résilience et reprenne sa progression vers les objectifs de développement durable des Nations unies, l’Agenda 2063 de l’Union africaine et l’Accord de Paris.

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