“Nous ne pouvons pas sécuriser l’Afrique en reculant l’horloge démocratique”- VP Osinbajo

Détails avec Cyril Okonkwo

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Le vice-président du Nigéria, le professeur Yemi Osinbajo, affirme que l’Afrique souhaitée par les peuples du continent ne peut être garantie en reculant les aiguilles de l’horloge démocratique.

Il a déclaré qu’on y parviendrait en s’attaquant aux problèmes fondamentaux que sont la mauvaise santé, la malnutrition et l’analphabétisme, entre autres.

Le professeur Osinbajo a fait cette déclaration dans le discours qu’il a prononcé lors d’un dialogue de haut niveau sur l’Afrique de l’Ouest intitulé “Relever le défi de la consolidation de la gouvernance démocratique”.

Le dialogue qui s’est tenu à Abeokuta, la capitale de l’État d’Ogun, était organisé par la Coalition pour le dialogue sur l’Afrique (CoDA), dont l’ancien président Olusegun Obasanjo est le président du conseil d’administration.

“Nous ne pourrons pas obtenir l’Afrique que nous voulons en revenant en arrière sur les aiguilles de l’horloge démocratique.

“Nous avons déjà parcouru ces chemins épineux. Nous avons plusieurs décennies d’expérience amère et la leçon irréfutable de notre histoire est que le despotisme ne peut pas garantir la sécurité et la prospérité de notre peuple.”

Faisant référence aux situations politiques dans certaines parties de l’Afrique de l’Ouest, le professeur Osinbajo a noté que “la récente série d’interventions militaires sur notre continent ne laisse pas seulement présager le risque d’une récession démocratique préjudiciable, elle nous ramène aux cycles de perturbations extraconstitutionnelles qui nous ont frappés il y a plusieurs décennies et que nous pensions appartenir à un chapitre clos de notre histoire”.

Le professeur Osinbajo a salué les récentes actions des dirigeants du continent, notant que “c’est un témoignage de notre engagement démocratique en Afrique que nous ayons été unis pour condamner le renversement de gouvernements élus dans la région”.

“L’imposition immédiate de sanctions aux régimes extraconstitutionnels par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’accord de l’UA ne sont pas seulement la preuve de notre unité de vues sur cette question, mais aussi l’affirmation sans équivoque d’un consensus panafricain sur les normes démocratiques.

“Pourtant, nous devons également reconnaître une critique qui a été formulée à l’encontre de nos réponses jusqu’à présent. Une critique qui met en évidence un décalage entre nos condamnations immédiates et intransigeantes des régimes militaires et nos reproches relativement tièdes à l’égard des gouvernements élus qui n’agissent pas de manière conforme aux valeurs démocratiques.”

Le vice-président a ensuite noté que “le progrès de nos démocraties sur ce continent doit donc être poursuivi en termes de lutte pour résoudre les problèmes fondamentaux de mauvaise santé, de malnutrition, d’analphabétisme et de famine qui affligent quotidiennement nos populations. Lorsque les droits sociaux et économiques ne sont pas garantis, les gens sont incapables de maximiser pleinement leurs droits civils et politiques. Par exemple, l’accès à une éducation de qualité renforce et enrichit les libertés d’expression, de pensée et de conscience.

“Inversement, un analphabétisme généralisé peut réduire à néant la liberté de la presse. Dans la vision progressiste, les droits politiques et les droits socio-économiques se renforcent mutuellement. En tout état de cause, l’accomplissement du contrat social est la proposition de valeur durable de la démocratie”, a ajouté le professeur Osinbajo.

Le professeur Osinbajo a toutefois noté que, malgré les défis actuels, “c’est aussi un moment d’opportunité – un moment où nous pouvons réfléchir à nos progrès démocratiques, renforcer nos institutions, assurer le développement socio-économique et approfondir notre engagement à construire des États démocratiques réussis”.

Parmi les autres dignitaires présents à l’événement figuraient l’ancien président du Nigeria, Goodluck Jonathan, et l’ancien président de la Sierra Leone, Ernest Koroma, entre autres.

 

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