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La 109ème session de la Conférence internationale du travail débute à Genève

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Pour la première fois dans son histoire plus que centenaire, la 109ème Conférence internationale du travail, CIT, se tient virtuellement en raison des restrictions et des changements imposés par la pandémie de COVID-19.

La conférence, qui s’est ouverte lundi à Genève, en Suisse, a divisé les points de l’ordre du jour de cette année en deux parties.

Les sujets du segment du 3 au 19 juin comprennent un document final spécial sur la réponse de l’OIT au COVID-19 et une discussion récurrente sur la protection sociale.

Dans son allocution d’ouverture, le directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT), M. Guy Ryder, a demandé aux dirigeants mondiaux de “construire une reprise centrée sur l’humain après la crise du COVID-19, qui conduira à un avenir résilient, durable, plus juste et meilleur dans le monde du travail”.

Evoquant la manière dont le monde s’est presque arrêté en raison de l’impact de la pandémie de COVID-19, M. Ryder a souligné que les dirigeants mondiaux devaient se concentrer sur l’évaluation de l’impact de la pandémie sur le monde du travail.

Dans son rapport à la Conférence, le Directeur général a qualifié l’impact de dévastateur. “Comme l’indique mon rapport à la Conférence, l’impact a été dévastateur – cataclysmique”.

Selon lui, l’équivalent de deux cent cinquante-cinq millions d’emplois à temps plein ont été perdus en 2020, ce qui se traduit par “3 700 milliards de dollars de pertes de revenus du travail ; des millions d’entreprises sont menacées, en particulier les petites et moyennes entreprises ; 108 millions de personnes sont replongées dans la pauvreté ; les plus vulnérables et les plus défavorisés sont les plus durement touchés – les jeunes, les femmes, les travailleurs informels, les migrants”.

“Dans l’ensemble, cela représente une crise du monde du travail quatre fois plus grave que celle déclenchée par la crise financière de 2008 et 2009”, a affirmé M. Ryder.

Il a ajouté que la situation n’est pas restée sans réponse puisque les gouvernements ont affirmé leur détermination à faire tout ce qu’il faut pour surmonter la crise sanitaire et atténuer ses conséquences sociales et économiques, précisant que les dirigeants mondiaux ont généralement fait tout ce qu’ils pouvaient puisque quelque 16 000 milliards de dollars ont été dépensés ou annoncés pour répondre à la crise à ce jour.

Conformément au cadre politique préconisé par l’OIT, a-t-il expliqué, ces fonds ont été canalisés pour stimuler l’activité économique, soutenir les entreprises, les emplois et les revenus, et protéger la sécurité et la santé des travailleurs.

 “…et dans une mesure encourageante, cela a été fait dans le cadre de la coopération et du dialogue entre les gouvernements et les organisations de travailleurs et d’employeurs.

Ces efforts ont été sans précédent. On estime que sans eux, les dommages causés par la pandémie auraient été trois fois plus importants qu’ils ne l’ont été en réalité”, a révélé l’OIT.

  1. Guy Ryder a regretté que les Etats Membres de l’OIT ne soient pas en mesure d’être réunis à Genève, affirmant que l’organisation tripartite, plus que toute autre, se nourrit de l’interaction personnelle et des échanges informels de “ce parlement mondial du travail”.

“Mais, de la même manière, il est extraordinairement important que cette Conférence ait lieu, et c’est une réussite extraordinaire que d’avoir trouvé les moyens techniques et politiques de la réaliser après l’interruption de 2020.

“Nous avons quelque 4 700 participants inscrits provenant de 176 États membres, ce qui est comparable aux chiffres des années précédentes. Et il y a aussi de bonnes nouvelles en ce qui concerne la participation des femmes. À 38,3 %, elle est nettement meilleure qu’auparavant.

“Il y a peut-être des parallèles et des comparaisons avec 1919, lorsque le “rêve fou” de l’OIT a été lancé, ou avec 1944, lorsque la Déclaration de Philadelphie a permis de sortir du conflit mondial et d’accéder à la prospérité partagée et à la justice sociale, ou même avec la dernière réunion d’il y a deux ans pour tracer la voie vers l’avenir du travail que nous souhaitons tous”, a-t-il expliqué.

Malgré tous les défis posés par l’impact de la pandémie de COVID-19, l’OIT s’est dite confiante d’avoir beaucoup appris sur la façon de faire les choses différemment pour le bénéfice de tous les Etats Membres.

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